Un an après sa greffe de foie, André Lefrançois mord dans la vie plus que jamais

Un an après sa greffe de foie, André Lefrançois mord dans la vie plus que jamais

Dans son combat de la maladie, André Lefrançois considère très précieux le soutien apporté par sa famille, sa conjointe et ses amis. On l’aperçoit ici entouré de deux de ses frères, Claude et Normand. Photos courtoisie

Baie-Comeau – André Lefrançois aime la vie. Il l’aime d’autant plus qu’il a failli la perdre. Une maladie auto-immune du foie est passée près de l’emporter. Bien conscient de bénéficier d’une prolongation, comme il le dit si bien, cette vie, il la chérit plus que tout et fait en sorte d’honorer ce cadeau que lui ont fait un donneur et sa famille le 17 mai 2017.

Il y a quelques semaines, le Baie-Comois de 52 ans a célébré l’an un de sa greffe de foie, qu’il a reçue parce que son système immunitaire attaquait son foie et engendrait une cirrhose. Lorsqu’on sait que l’année qui suit une telle opération est la période la plus critique pour un éventuel rejet, on peut comprendre l’importance de cet anniversaire pour celui qui a consenti à s’ouvrir au Manic.

« C’est merveilleux d’entrer en prolongation, car je vois ça comme une prolongation », souligne André Lefrançois avant d’enchaîner : « C’est une deuxième vie et c’est un cadeau. Chaque jour est un jour de plus. »

Ce cadeau, il est on ne peut plus reconnaissant de l’avoir reçu. Oui, il y a eu une personne qui a signé sa carte de don d’organes et qui lui a ainsi permis d’entrer en période de prolongation, mais, insiste le greffé, il y a aussi eu une famille qui a donné son accord. « Sa famille aurait pu dire non », rappelle-t-il.

André Lefrançois dit vouloir honorer ce cadeau inestimable en maintenant la discipline nécessaire. « Une vie de greffé, c’est une vie où il faut beaucoup de discipline. J’ai le sentiment d’avoir eu 95 ans et de rajeunir un peu à la fois », mentionne celui qui profite de la vie, mais en étant conscient que sa maladie peut réapparaître et un rejet survenir à tout moment.

Asymptomatique

En janvier 2015, le diagnostic est tombé lors de simples tests sanguins de routine : la cholangite sclérosante. À ce moment-là, l’homme n’avait aucun symptôme, mais ne perdait rien pour attendre.

En juillet 2016, la maladie a gagné du terrain et s’est matérialisée notamment par une perte de poids. Il a été rapidement placé en arrêt de travail et le processus d’inscription à la liste de greffe s’est amorcé. Il a subi une panoplie de tests, dont certains très souffrants comme des biopsies du foie, afin de vérifier s’il pouvait résister à une telle opération.

Rapidement son état s’est dégradé. En septembre, ses symptômes se sont accentués avec la perte de poids qui se poursuivait, des douleurs extrêmes aux jambes et une jaunisse.

« Les douleurs aux jambes, c’était à en perdre connaissance. C’est des complications dues à la maladie, ce n’est pas tout le monde qui a ça », explique-t-il.

En novembre, c’était pire que jamais. Sa gastroentérologue de Québec l’a immédiatement dirigé vers l’ancien hôpital Saint-Luc (en cours de démolition) à Montréal en vue d’une greffe. Cependant, c’était sans compter un autre revers à l’histoire.

En effet, en décembre, les spécialistes montréalais ont découvert des nodules sur ses poumons. « J’avais de la misère à respirer. Tout le monde pensait que j’avais un cancer du poumon. Si ç’a avait été le cas, c’était la fin », se souvient André Lefrançois. Mais heureusement, un traitement a été appliqué avec succès.

À ce moment-là, son poids est descendu à 140 livres. Pour un homme de six pieds, c’était bien peu. « J’avais la peau et les os. Il n’y a plus rien qui paraissait des sports que j’avais faits dans ma vie », souligne ce grand sportif d’antan qui, aujourd’hui, reprend l’activité physique très tranquillement.

En mai 2017, une prise de sang révèle que son foie est en train de lâcher complètement. « Ça urgeait. Je suis devenu deuxième sur la liste (de greffe). Tous les greffés du foie en viennent à ce niveau-là de criticité », raconte-t-il. Finalement, l’appel tant attendu est arrivé : il y avait un donneur cadavérique pour lui. Et autre bonne nouvelle, l’un de ses frères prêt à lui offrir une partie de son foie n’aurait pas à subir l’opération.

Le cadeau

Le 17 mai, il recevait le cadeau d’une vie. Il revivait, mais ça s’est malheureusement compliqué par la suite. « J’ai fait un rejet sévère. Mon système immunitaire s’attaquait aussi à ce foie-là. J’aurais pu encore une fois y passer », dit-il. Il avait devant lui trois possibilités : que son foie reparte, qu’il subisse une autre greffe ou qu’il meurt.

Finalement, grâce à une médication extrêmement forte, le foie a repris ses fonctions. « Un matin, le médecin est revenu me voir et m’a dit : « Je ne comprends pas, votre foie va aussi bien que le mien », raconte le greffé, qui poursuit son rétablissement. Sans son excellente condition physique et sa détermination à tout faire pour aider les médecins à le soigner, il doute fort qu’il aurait pu passer au travers.

« Il fallait que je me garde dans un état de calme afin que mes pulsations cardiaques soient le plus bas possible. Il fallait que je sois zen et confiant dans un moment où tout allait mal », insiste celui qui s’est offert une Porsche à sa sortie de l’hôpital.

En novembre 2017, le planificateur a entrepris un retour au travail progressif à raison d’une journée par semaine. Aujourd’hui, il est à quatre jours et affirme trouver ça merveilleux. Le soutien indéfectible de sa famille, de sa conjointe et de ses amis tout au long de la maladie a été très précieux pour lui. « J’ai été très privilégié », conclut-il.

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