Le chef Simon lance un appel au calme

Le chef Simon lance un appel au calme

On aperçoit le chef du Conseil des Innus de Pessamit, René Simon, en compagnie de quelques conseillers lors du point de presse de vendredi matin. Photo Le Manic


Baie-Comeau – « Ça suffit! », s’est exclamé le chef René Simon, vendredi, en lançant un appel au calme à la suite du geste haineux posé à l’égard des membres de sa communauté dans la foulée du massacre d’orignaux au nord de Forestville.

Entouré de trois de ses conseillers et d’une vingtaine de citoyens,  M. Simon a dénoncé les «  allégations diffamatoires » portées à l’égard de ses citoyens. Il a déploré que des individus se soient permis de pointer du doigt l’ensemble des Pessamiulnut  pour l’ignoble acte de braconnage d’une dizaine d’orignaux, dont deux femelles porteuses de deux fœtus chacune. Les restes d’orignaux accrochés à une pancarte appartenant à la communauté démontrent l’intention des responsables de blâmer les Innus, tous les Innus, a-t-il insisté.

Le chef a d’ailleurs laissé entendre que son peuple est une proie facile lorsqu’il est question de trouver des coupables pour des gestes répréhensibles. « De tels blâmes, qui refont surface d’année en année sur la Côte-Nord, et qui proviennent généralement des mêmes cercles d’amis, sont aussi crédibles que les fake news qui sévissent dans les milieux politiques américains », a-t-il martelé, en parlant d’absence de fondement.

Des questionnements

Plusieurs questions demeurent dans l’esprit de M. Simon. Il se demande pourquoi les photos des gestes de braconnage ont été publiées sur Facebook plutôt qu’une dénonciation portée aux agents de protection de la faune. Il décrit aussi comme un mystère les raisons pour lesquelles les carcasses d’orignaux se sont retrouvées sur l’affiche de Pessamit plutôt qu’entre les mains des agents de protection de la faune. Il se demande aussi qui les y a transportées.

Le conseil de bande assure la direction de la Protection de la faune de son entière collaboration à l’enquête instituée pour trouver les responsables et promet aussi de mener sa propre enquête. « On ne sait toujours pas qui a fait ça, ni dans quelles circonstances, mais les Pessamiulnut sont déçus qu’autant de voix se soient élevées dans la région pour nous accuser », a admis le chef Simon.

Il a assuré que si des coupables sont identifiés parmi les membres de la communauté, des sanctions sévères pourraient suivre.

Éviter la pagaille

Entre-temps, le chef innu appelle au calme la population de la région et les membres de sa communauté afin de « ne pas répondre à l’inacceptable par d’autres gestes inacceptables ». Il a insisté sur l’importance de ne pas semer la pagaille entre communautés et d’éviter des mouvements de racisme qui, dans le présent cas, se retournent contre les Innus.

« Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Ça se poursuit encore et il faut le dénoncer », a-t-il reconnu, visiblement désolé par tout ce qui s’est passé au cours de la dernière semaine.

Enfin, M. Simon a rappelé qu’il n’est pas dans les valeurs traditionnelles des Innus de laisser des restes et des carcasses animales sur un terrain. « Normalement, la façon d’agir des autochtones, c’est de les enterrer », a-t-il signalé.

 

 

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