InnuRassemble se conclut avec un record de participation

InnuRassemble se conclut avec un record de participation

La volubile et enflammée Zoé Thorn (à l’extrême gauche) a adoré l’expérience d’InnuRassemble. On l’aperçoit en compagnie de ses amies, Angélica Desbiens, Noémie Hébert et Sara Boudreau. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Le comité organisateur de la sixième édition d’InnuRassemble jubile. L’événement en a mis plein la vue à 2 775 participants, un chiffre jamais vu.

Misant sur la rencontre d’adolescents autochtones et non autochtones, les activités de la semaine dernière ont atteint leur objectif grâce à des invités spéciaux qui ont captivé les jeunes autour de l’histoire et la culture innue, mais aussi de la musique.

L’anthropologue, animateur et auteur Serge Bouchard (voir autre texte) a prononcé des conférences à la polyvalente des Baies, à l’école secondaire Serge-Bouchard et à l’école secondaire Uashkaikan où près de 1 500 jeunes l’ont écouté raconter l’histoire de la Côte-Nord et celle du peuple innu d’hier à aujourd’hui. C’est la quasi-totalité des étudiants des trois établissements visités.

Volet musical

Du côté musical, le comité organisateur a frappé dans le mille en misant sur Florent Vollant et Shauit, deux artistes innus originaires de la Côte-Nord. En plus d’ateliers offerts dans les écoles secondaires à 460 jeunes, ils sont montés sur scène à deux reprises pour en offrir plein la vue à plus de 820 étudiants.

Tant au Centre des arts de Baie-Comeau qu’au centre communautaire de Pessamit, les auditoires se sont enflammés au rythme de la musique des deux artistes. Un peu à Baie-Comeau, mais encore plus à Pessamit, les jeunes ont pu danser. À un certain moment, des bras se sont levés et l’éclairage de cellulaires a suivi le mouvement, créant des moments extraordinaires.

Fait à noter, après chaque représentation, un gouter à saveur innue a été offert par des serveurs improvisés provenant des deux cultures. Au menu : canapés de castor, d’orignal, de lièvre et de petits fruits.

Rappelons qu’InnuRassemble mise toujours sur les arts pour favoriser les rapprochements entre autochtones et non-autochtones.

Des témoignages

Zoé Thorn est de celles qui ont adoré l’expérience 2017 d’InnuRassemble. Interpellée après le spectacle du Centre des arts, qu’elle a d’ailleurs apprécié, la jeune fille volubile a dit avoir appris que les noms des villes avaient une signification en langue innue.

« Ce qu’on a retenu, c’est que les Blancs, soit les Européens, les ont foutus dans des réserves dans le fond de la forêt parce qu’ils ne les voulaient pas. C’est pas correct », ajoute l’étudiante de première secondaire èa la polyvalente des Baies « On va faire en sorte que ça change », assure-t-elle, tout en ajoutant, l’air coquin, que les garçons innus « sont pas mal mignons ».

Pour sa part, Monique Benjamin Hervieux, une étudiante de cinquième secondaire de Pessamit, tire aussi un bilan très positif de l’événement. « Ç’a été une très belle expérience avec de très beaux échanges. Ça nous a permis de nous familiariser avec d’autres nations et de les connaître un peu plus », souligne-t-elle.

La conférence de l’anthropologue Serge Bouchard l’a touchée droit au cœur. « Ça m’a permis de vraiment savoir d’où je venais et qui j’étais », a conclu la jeune fille.

Des suites

InnuRassemble aura des suites. Ainsi, dans les prochaines semaines, d’autres activités de rapprochement sont prévues à Baie-Comeau et à Pessamit, notamment en lien avec les sciences et la technologie. Les organismes Archéo-Mamu et le Jardin des glaciers y collaboreront.

Des rendez-vous sont au calendrier en avril, en mai et en juin. La clôture prendra la forme d’une expérience archéologique de repérage à Pessamit grâce à une mise en situation de Produits forestiers Résolu.

Rappelons que le comité organisateur d’InnuRassemble réunit le Centre des arts de Baie-Comeau, l’école secondaire Uashkaikan de Pessamit, la Commission scolaire de l’Estuaire et Produits forestiers Résolu.