J’aime Hydro : du théâtre à portée sociale

J’aime Hydro : du théâtre à portée sociale

Animée par de fortes convictions, Christine Beaulieu a très bien su mener à terme le projet J’aime Hydro, qui suscite beaucoup d’intérêt auprès des gens. Photo Julie Artacho

Sept-Îles – Plusieurs mois de travail ont été requis pour que Christine Beaulieu en arrive à la présentation de J’aime Hydro. Très peu familière avec le dossier de l’énergie et Hydro-Québec, elle s’est surtout intéressée à la base à ce rapport amour-haine que les Québécois peuvent entretenir à l’égard de cette société d’État. C’est ce constat qui a jeté les bases de cette enquête citoyenne qu’elle transpose sur scène à l’aide d’un acolyte, Mathieu Gosselin.

Lorsqu’elle a entrepris ce projet, Christine Beaulieu ignorait l’ampleur qu’il allait prendre. « Ça n’a pas toujours été une aventure facile. J’ai songé à abandonner à quelques reprises. J’en fais justement part dans ce spectacle. Ce projet a pris beaucoup de place dans ma vie. Heureusement, il s’est développé lentement. Étant donné que la réception était bonne dès le départ, ça m’a donné envie d’aller de l’avant. J’en ai rapidement compris sa pertinence », lance celle dont l’œuvre sera présentée le 5 novembre au Centre des arts de Baie-Comeau et trois jours plus tard à Sept-Îles.

Cet intérêt pour l’hydroélectricité l’a même amené à se rendre au chantier de la rivière Romaine en véhicule électrique à l’automne 2016. Un périple au cours duquel elle a fait la rencontre de plusieurs personnages marquants de la région, dont Bernard Gauthier (Rambo), le maire de Sept-Îles Réjean Porlier, le maire de Havre-Saint-Pierre Berchmans Boudreau, l’environnementaliste Jacques Gélineau et Rita Mestokosho de la Maison de la culture Innue. Ils sont tous à l’honneur du quatrième épisode qui suit l’entracte, qu’elle considère comme son préféré.

Un angle rassembleur

Un enjeu complexe qu’elle a cherché à rendre un peu plus accessible aux yeux des gens. « Au départ, j’en savais très peu sur Hydro-Québec et sur le dossier de l’énergie dans son ensemble. On me voit même à des audiences publiques poser des questions plus ou moins stupides. Je comprends maintenant mieux comment le système fonctionne. Je suis plus sensible. Je sais comment gérer l’énergie. Je fais aujourd’hui de très belles économies. Je suis convaincu qu’il en sera de même pour les gens qui viendront voir le spectacle », avance-t-elle.

Accompagné sur scène de Mathieu Gosselin qui incarne une trentaine de personnages autant féminins que masculins, ce spectacle se veut teinter de multiples points de vue sur la société d’État.

« Il les joue tous avec la même conviction. Tout ça vient créer un équilibre, indique-t-elle. Il n’y a pas de parti pris. J’ai voulu ici m’adresser à tous. Les gens vont rire autant que pleurer. De mon côté, j’ai eu beaucoup de plaisir à sortir de ma zone de confort pour mener à terme ce beau projet. Je suis allé exactement là où je voulais aller. »

Une visibilité accrue

La carrière artistique de Christine Beaulieu se porte visiblement bien puisqu’elle multiplie les apparitions au petit écran. On a pu récemment la voir dans un épisode de la série Les pêcheurs. En ce moment, elle campe également le rôle de Geneviève Allaire dans la quotidienne District 31. Cet hiver, elle sera en vedette dans Hubert et Fanny, le rôle le plus important qu’elle ait joué jusqu’à maintenant, ainsi que dans la deuxième saison de Lâcher prise.

Christine Beaulieu espère réussir à faire connaître le théâtre documentaire à plus large public. « C’est un genre méconnu. Même moi, j’étais sceptique au départ. On m’a rapidement convaincu de la pertinence de ce projet. Je suis très excitée par cet objet culturel. Je ne m’attendais vraiment pas qu’il puisse susciter autant d’intérêt. C’est à la fois très personnel et très drôle », tient-elle à préciser en conclusion.