La fièvre du portage gagne la Manicouagan

La fièvre du portage gagne la Manicouagan

Le portage gagne en popularité dans la Manicouagan, comme en témoigne la participation aux Halte-Noeud, des rencontres informelles de parents adeptes tenues à la Maison des familles.

Baie-Comeau – Le portage, soit le fait de porter son enfant contre soi à l’aide d’un tissu, gagne en popularité dans la Manicouagan, notamment grâce à la page Facebook Parents porteurs de la Manicouagan et aux ateliers offerts par la Maison des familles.

« Moi, j’ai commencé à porter Abi quand elle était nouveau-née. […] Je n’avais jamais vu personne le faire, je pensais que j’étais une extraterrestre », raconte l’une des fondatrices de Parents porteurs de la Manicouagan et maman de deux enfants, Émilie Laviolette.

« On est allées à un atelier de portage. […] On était pas mal les deux seules qui portaient en écharpe, au dos. On s’est parlé un peu et on s’est dit qu’on pourrait se voir pour se montrer des nœuds », renchérit Marie-Claire Gagnon, la cofondatrice du groupe.

Elles ne s’attendaient pas à un tel engouement. En un an, le groupe réunissait une centaine de parents manicois. Aujourd’hui, après deux ans d’existence, il regroupe plus de 200 adeptes.

« Le bouche-à-oreille a fait des petits. […] Quand on a vu qu’il y en avait plein qui embarquaient, ça nous a motivées à continuer », souligne Émilie.

De Facebook à la réalité

Très vite, les responsables de la page Facebook ont eu envie d’organiser des rencontres dans la « vraie vie ». Au début, ces Halte-Nœud prenaient la forme de réunions chez une ou chez l’autre des participantes. « De “viens chez nous”, c’est devenu “on se réserve un local parce qu’on est 20” », lance Émilie en riant.

Lorsque Émilie et Marie-Claire ont recommencé à travailler, c’est devenu plus difficile pour elles d’organiser les Halte-Nœud. Elles se sont alors tournées vers la Maison des familles (MDF), qui s’est fait un plaisir de les accueillir dans ses locaux, en plus de les inscrire dans son calendrier d’activités.

« Ça s’est fait vraiment naturellement. […] C’est directement dans notre mission et eux se cherchaient un endroit. Il y a beaucoup de mamans qui utilisaient déjà nos services, mais ça a fait connaitre la Maison des familles à d’autres », explique la directrice générale de l’organisme, Stéphanie St-Gelais.

De plus, la MDF offrait déjà, depuis 2015, grâce à Manicouagan On s’attache, des ateliers de portage avec une monitrice certifiée pour les débutantes. Cet atelier, plus formel, permet d’apprendre les bases du portage sécuritaire et ergonomique et de se familiariser avec les types de porte-bébé. Les deux activités sont donc complémentaires.

« Les Halte-Nœud, c’est un lieu pour se retrouver, discuter, essayer différents types de porte-bébé. C’est un lieu d’échange. […] Ça donne aux mamans une raison pour sortir, voir d’autres mamans avec des enfants en bas âge », indique Émilie.

Un engouement

Stéphanie St-Gelais le constate aussi avec ses ateliers, un réel engouement s’est développé dans la Manicouagan pour le portage.

« C’est en juin 2015 qu’on a offert notre premier atelier. Personne ne s’est inscrit. […] En septembre, on a senti un engouement. Ça ne lâche pas. Il y a toujours du monde. On en parle beaucoup dans la Manicouagan. C’est une mode, un mouvement qui s’est créé dans la Manicouagan et de plus en plus de gens connaissent ça », indique-t-elle.

Selon Émilie, le côté pratique (avoir les mains libres tout en s’occupant de bébé), les bénéfices pour le lien d’attachement, une réponse aux valeurs de plusieurs mamans d’aujourd’hui et le côté esthétique sont plusieurs raisons qui amènent de plus en plus de parents à se tourner vers le portage.

« Au départ, c’était pour prendre des marches l’hiver, au lieu de la poussette qui coince. Après ça, j’ai appris que c’était pratique pour faire le ménage, consoler le bébé. Ça devient un moment qu’on prend toutes les deux. On se colle », affirme Catherine Tremblay-Alix, maman de deux enfants.

« Quand il est chigneux, qu’il a besoin des bras, ça me libère et je peux faire autre chose en même temps. La proximité… On se colle, on en profite », renchérit Marie-Claude Asselin, pour qui le portage est devenu une passion.

Les papas aussi

Le portage n’est pas réservé aux mamans, rappelle Émilie. De nombreux papas prennent aussi plaisir à porter leur enfant contre eux et plusieurs font aussi partie du groupe Facebook.

« J’aime bien le côté pratique, puisque j’ai les deux mains libres, je peux faire plein de choses tout en m’occupant de mon garçon. […] Lorsque je vais faire des commissions, deux-trois clips et on est parti! C’est tout petit donc ça se traine bien partout, c’est pas comme partir avec la grosse poussette. Puis, bien sûr, il y a le plaisir de l’avoir collé contre nous! […] De se sentir uni avec lui c’est toujours magique », conclut Dylan Lévesque, papa de Brandon.