La maltraitance interpelle les ainés à l’Oasis des Pionniers

La maltraitance interpelle les ainés à l’Oasis des Pionniers

Des cas de maltraitance financière, Bibiane D’Auteuil en a vu pendant ses années de bénévolat au Centre d’hébergement N.-A.-Labrie. On l’aperçoit en compagnie de son mari, Darius Gendron. Photo Le Manic

Baie-Comeau – La Table de concertation des ainés de Manicouagan a cassé la glace, la semaine dernière, avec sa tournée Bien vieillir et s’épanouir. S’il y a un thème qui a retenu l’attention, c’est bien celui de la maltraitance sous toutes ses formes.

Une dizaine de résidents de l’Oasis des Pionniers ont assisté à la présentation de l’animatrice Lise Arsenault sur les thèmes de la maltraitance, mais aussi de l’isolement, la santé et l’activité physique ainsi que les proches aidants.

Après avoir abordé les différents types de maltraitance, notamment physique, psychologique et financière avec des exemples à l’appui, l’animatrice a fait connaitre l’existence de la ligne téléphonique confidentielle Aide abus ainés au 1 888 489-abus (2287).

Il n’est pas facile pour un ainé de dénoncer une maltraitance et souvent, il préférera subir plutôt que d’en parler. « Les ainés vont avoir de la misère à dénoncer de peur de briser le lien avec la personne maltraitante, de subir des représailles ou d’être abandonnés ou placés en institution », souligne Lise Arsenault, qui soutient par ailleurs avoir vu des participants grimacer lorsqu’il a été question de maltraitance physique.

Si certaines personnes ne dénoncent pas, c’est aussi parce qu’elles ignorent tout simplement être victimes de maltraitance. Se faire parler fort, se faire infantiliser ou se faire soutirer de l’argent avec du chantage émotif, voilà des situations qui ne sont pas toujours vues pour ce qu’elles sont.

L’isolement et ses causes

Les participants se sont aussi fait parler d’isolement. Après avoir identifié certaines causes qui peuvent porter un ainé à s’isoler, comme la mort d’un conjoint, l’éloignement des enfants ou encore la peur de devenir un fardeau pour ses proches, l’animatrice a fourni quelques solutions pour y mettre fin. Entre autres choses, elle a suggéré de faire des appels téléphoniques régulièrement et d’inviter des gens à les visiter.

À écouter les ainés présents commenter leurs passe-temps, il est à prévoir que ceux souffrant le plus d’isolement n’étaient probablement pas présents à la séance d’information. À leur décharge, il faut dire qu’un problème de communication à l’intérieur même de l’Oasis des Pionniers a sûrement fait en sorte que plusieurs résidents ignoraient la tenue de l’activité.

Quelques réactions

Bibiane D’Auteuil a assisté avec son époux à la séance d’information d’une durée de 90 minutes. Même si elle était déjà au fait de plusieurs éléments, elle dit avoir trouvé l’activité instructive.

Le thème de la maltraitance financière lui a rappelé bien des souvenirs de l’époque où elle faisait du bénévolat au Centre d’hébergement N.-A.-Labrie. « Les enfants qui viennent siphonner leurs parents quand ils reçoivent leurs chèques, il y en a », indique-t-elle.

Quand l’animatrice a abordé la maltraitance physique, la dame qui célébrera ses 65 ans de mariage dans quelques mois s’est souvenue de cette femme qui présentait des bleus sur le corps et dont elle soupçonnait le mari d’en être responsable.

Mais dans le temps, les notions de maltraitance aux ainés, c’était moins connu, souligne celle qui dit avoir ralenti ses activités bénévoles depuis environ un an.

Pour sa part, Thérèse Saint-Louis, est sortie ravie de la rencontre d’information et de la façon dont les thèmes ont été présentés. « J’ai appris des choses, c’est sûr, comme de faire attention pour la maltraitance, même dans la famille. Mais moi, je ne me plains pas de ces choses-là », a lancé en riant la dame.

L’isolement, Mme Saint-Louis affirme que ce n’est pas son cas. « Je fais partie du centre de jour. Je m’occupe, mais j’en vois ici des personnes isolées », conclut-elle.