Le phare de Pointe-des-Monts célèbre la Journée québécoise des phares

Le phare de Pointe-des-Monts célèbre la Journée québécoise des phares

Cinq artistes ont été invité au Phare de Pointe-des-Monts dans le cadre de la Journée québécoise des phares. On aperçoit, de gauche à droite, Dario Émond, Linda Isabelle et Manon Jobin. Maude Roussel et Élodie Poirier, les deux autres artistes invitées, travaillaient à ce moment-là à l’extérieur.

Crédit photo : Le Manic

Baie-Comeau — Le 13 juillet a eu lieu la toute première Journée québécoise des phares. Celui de Pointe-des-Monts n’a pas manqué cette occasion de mettre en avant l’histoire et la beauté du lieu.

« Je venais aussi à Noël. À l’époque, on allait faire l’épicerie à Baie-Trinité en raquettes C’était près de 10 kilomètres », s’exclame Marcel Poulin. Son père, Francis Poulin a été assistant de l’avant-dernier gardien du Phare de Pointe-des-Monts au début des années 60. Même s’il étudiait à l’extérieur de la région dans ce temps-là, l’adolescent d’alors rentrait passer ses vacances à Pointe-des Monts. Autant dire qu’il a eu un bon aperçu de ce que pouvait être la vie sur ce petit îlot situé à l’écart de la route 138, entre Godbout et Baie-Trinité.

C’est dans le cadre de la Journée québécoise des phares que M. Poulin est venu partager ses souvenirs avec les visiteurs du Phare de Pointe-des-Monts. Il se souvient que les tâches ne manquaient pas sur place. « Il fallait tout le temps monter de l’huile et repeindre. On s’occupait aussi des diesels pour l’électricité », raconte-t-il.

Sur invitation de France Caron, la gestionnaire du lieu, cinq artistes- peintres de la région ont également fait le déplacement à Pointe-des-Monts, afin de peindre le phare. « C’est un lieu très inspirant », confie, depuis son chevalet installé face au fleuve, l’artiste baie-comoise Maude Roussel.

Un lieu isolé

D’après M. Poulin, le chemin qui relie le hameau à Baie-Trinité n’aurait été tracé qu’en 1959. « Pour venir s’isoler ici, les gardiens étaient des gens presque héroïques », lance-t-il. L’été, une chaloupe qui appartenait au phare permettait de naviguer sur le fleuve. Un bateau desservait également les villages isolés tout le long de la côte.

Patrimoine

Rappelons que le phare de Pointe-des-Monts a guidé les navires sur le Saint-Laurent de 1830 à 1964. Comme l’explique France Caron, le phare est devenu inutile avec l’apparition des GPS et le développement du réseau routier. Il a donc été transformé en musée et en auberge.

Pour Mme Caron, il est important de continuer à parler des gardiens de phare, dont l’histoire fait partie du patrimoine de la province. « Il ne faut pas oublier que le Québec a été découvert par la voie maritime », souligne-t-elle. « Le développement de la Côte-Nord, ça n’a pas été facile. Ça permet de montrer ça », croit de son côté Marcel Poulin.

Situation

Même si le bâtiment est en bon état de conservation et qu’il reçoit des subventions du gouvernement en raison de son statut de monument historique, France Caron explique qu’elle est obligée d’organiser des activités pour mettre du beurre dans les épinards. « C’est beaucoup de travail », confie-t-elle.

Durant la saison touristique, en plus d’un poste de gestionnaire, le phare emploie deux guides, deux étudiantes-guides et une aubergiste. Entre 2 000 et 3 000 visiteurs, dont la majorité provient de l’extérieur de la région, le visitent chaque saison.

Le 13 juillet

Ce n’est pas par hasard que la Corporation des gestionnaires de phares de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent a décidé d’instaurer la Journée québécoise des phares un 13 juillet.

En effet, le 13 juillet 1801, des capitaines de navires de la marine marchande ont déposé une pétition auprès du gouverneur de l’époque afin que la sécurité sur le Saint-Laurent soit améliorée.

Cette pétition a entraîné, six ans plus tard, le début des travaux de construction du Phare de l’Île Verte, le premier phare sur le Saint-Laurent.