Québec classe l’église Sainte-Amélie comme immeuble patrimonial

Québec classe l’église Sainte-Amélie comme immeuble patrimonial

Le ministère de la Culture et des Communications a reconnu l’importance de préserver le joyau patrimonial que constitue l’église Sainte-Amélie en la désignant immeuble patrimonial. Photo archives Le Manic

Baie-Comeau – Le ministère de la Culture et des Communications du Québec vient de classer l’église Sainte-Amélie en tant qu’immeuble patrimonial, reconnaissant ainsi le véritable joyau qu’elle représente et favorisant sa préservation pour les générations futures.

La nouvelle est tombée le 14 décembre, à la grande joie de la Corporation église Sainte-Amélie ouverte à la vie et de sa présidente, Denise Dion. « C’est une reconnaissance et aussi de la visibilité », se réjouit Mme Dion, en rappelant que le lieu est désormais inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec.

Il aura fallu trois ans d’attente avant que le classement soit officialisé. La demande en ce sens a été adressée en 2014 par Simon Ruelland, un membre de la corporation.

En décembre 2016, un avis d’intention était émis par le gouvernement en vue du classement du lieu de culte en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Un an plus tard, la boucle était bouclée.

Le classement vise tous les éléments extérieurs et intérieurs de l’église et de la sacristie, le terrain ainsi que les quatre statues de marbre blanc représentant sainte Anne et la Vierge, saint Joseph et l’Enfant, la Vierge à l’Enfant et le Sacré-Cœur.

« L’église Sainte-Amélie se démarque particulièrement par sa forte valeur sur les plans historique, architecturale et artistique. Son décor intérieur constitué de fresques peintes par Guido Nincheri est d’un grand intérêt patrimonial. Par ce classement, nous démontrons notre préoccupation à l’égard de la protection et de la mise en valeur des richesses de notre patrimoine culturel », souligne la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, dans un communiqué.

Accès à des subventions

Comme le note sa présidente, la Corporation église Sainte-Amélie ouverte à la vie aura désormais accès à des subventions ainsi que des services techniques pour la restauration du bâtiment. « Le ministère peut financer jusqu’à 80 % (de la facture). Ça nous fait mieux respirer », assure Mme Dion.

La priorité sera accordée au remplacement de la toiture et un appel d’offres devrait être lancé au cours de l’hiver. Un mandat a aussi été octroyé à un architecte pour réaliser le bilan de santé de l’église. Le dernier du genre date de 2008.

Denise Dion insiste sur le fait que si l’église Sainte-Amélie est encore là aujourd’hui, c’est grâce à la centaine de bénévoles qui s’activent à la garder bien vivante. « Si on monnayait le bénévolat, on serait surpris. On travaille fort pour la garder, car c’est un joyau. Les gens de Baie-Comeau sont très attachés à l’église », précise-t-elle, en soulignant que la messe annuelle du 8 décembre a rassemblé 200 personnes et a permis de récolter 1 000 $ lors de la quête.

L’église a été construite entre 1939 et 1940. Elle a été nommée en l’honneur de l’épouse du colonel Robert Rutherford McCormick, éditeur du Chicago Tribune et fondateur de l’usine de papier et de la ville de Baie-Comeau. Elle a aussi eu le statut de cathédrale du diocèse de 1946 à 1960.

Peintes de 1940 à 1945 par Guido Nincheri, les fresques de l’église se démarquent en Amérique du Nord par leurs dimensions. L’œuvre couvre environ 1 500 mètres carrés.

Quant à ses quatre statues de marbre blanc, elles ont été réalisées en 1948 et en 1950 par le sculpteur italien Pasquale Sgandurra, qui a connu Nincheri à l’Académie des beaux-arts de Florence.