Une première en oncologie à Baie-Comeau – Sarah-Ève fait résonner la cloche de la victoire

Une première en oncologie à Baie-Comeau – Sarah-Ève fait résonner la cloche de la victoire

Pour une petite fille de quatre ans comme Sarah-Eve, le symbolisme de la cloche de la victoire n’est pas nécessairement facile à comprendre. Ses parents, Michelle Chiasson et Jean-Sébastien Dupont, le lui ont expliqué le mieux possible. Photos Étienne Michaud Ste-Marie

Baie-Comeau – Le département d’oncologie de l’hôpital de Baie-Comeau a été le théâtre d’une grande première à quelques jours de Noël. Après 99 semaines de chimiothérapie, Sarah-Ève Dupont, quatre ans, a fait résonner la toute nouvelle cloche de la victoire contre le cancer dans un geste porteur d’espoir pour les patients en traitement.

Sans trop s’en rendre compte, la bambine a du même coup marqué les annales. Ses parents, Michelle Chiasson et Jean-Sébastien Dupont, étaient évidemment on ne peut plus conscients de la portée de ce geste qui, d’une certaine façon, venait boucler la boucle d’une longue traversée dans la maladie.

Plusieurs hôpitaux du Québec, dont l’Hôpital Sainte-Justine, possèdent une telle cloche. Lors de leur dernier traitement, les personnes sont invitées à la faire tinter pour montrer que s’il y a un début avec la maladie, il y a aussi une fin.

Dans le cas de Sarah-Ève, la cloche signifiait davantage la dernière d’une longue série de visites en oncologie afin d’y recevoir cette fois-ci une dose d’héparine pour éviter le blocage de son port-a-cath, un cathéter implanté dans une veine principale, si utile lors de ses traitements de chimiothérapie. En fait, son dernier traitement remonte à aout dernier, mais à ce moment-là, la cloche n’était tout simplement pas installée.

« C’est vraiment quelque chose qu’elle puisse dire haut et fort qu’elle a passé au travers », a commenté la maman au comble du bonheur.

À l’âge de 20 mois

L’enfant n’avait que 20 mois lorsque le diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique est tombé, le 29 juin 2015. Ses pics de fièvre intenses, son ventre enflé, ses ganglions apparents au cou et le sang séché sur le bord du nez le matin avaient enfin une explication, même si la nouvelle a été dure à prendre pour les parents.

Sarah-Ève a été dirigée vers un traitement connu sous le nom de protocole de Boston, soit 99 semaines de traitements de chimio, dont deux sur trois à la maison, avec tous les effets secondaires et les réaménagements de la vie de famille et en société qui viennent avec.

« Pendant ces deux ans-là, on n’a pas pu vivre et les gens ne rentraient pas chez nous comme ils le voulaient », se souvient Michelle Chiasson. C’est qu’il fallait coute que coute éviter à l’enfant de contracter la varicelle ou encore une pneumonie, car ça pouvait lui être fatal. À titre préventif, elle prenait un antibiotique trois jours par semaine.

Heureusement, aujourd’hui, tout ça est de l’histoire ancienne pour les parents. La dernière étape de ce long parcours sera franchie en février avec un détour au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) à Québec où l’on retira le port-a-cath.

« Sarah-Ève est guérie et n’a pas d’effets secondaires de la chimio. C’est un bon numéro parmi les mauvais numéros », assure, positive, la mère, qui ajoute que ce ne sont pas tous les enfants atteints de cancer qui s’en sortent aussi bien.

Aujourd’hui, Michelle Chiasson et Jean-Sébastien Dupont respirent plus aisément, mais ils n’oublient pas le support qu’ils ont reçu dans l’épreuve. Il est notamment question d’une activité d’emballage chez Maxi initiée dans le temps des Fêtes 2015 qui avait permis d’amasser presque 7 000 $ en une fin de semaine, ce qui s’était rarement vu.

Il y a aussi les pompiers de Baie-Comeau qui ont pris l’initiative d’acheter un fauteuil de traitement destiné à Sarah-Eve. Ils l’ont fait à la mémoire de leur collègue Sylvain Ouellet, décédé d’un cancer quelques mois après que la maladie de la petite ait beaucoup touché le disparu.

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