Manon Briand, inspirée par les contrastes

Par 12:00 AM - 23 janvier 2013
Temps de lecture :

Baie-Comeau – Présente lors du lancement officiel de la 25e édition du Festival du Film international de Baie-Comeau, Manon Briand respirait le bonheur de revenir dans sa région natale pour souligner le quart de siècle de Cinoche et présenter au public sa plus récente création, Liverpool.

Julie-Andrée Verville

 

Quelque 10 ans après La Turbulence des fluides, vous présentez votre plus récent film, Liverpool, dans le cadre du 25e anniversaire du Festival du Film international de Baie-Comeau. Comment vous sentez-vous ?

C’est toujours excitant de revenir dans ma région, de retrouver des amis et des camarades. C’est surtout réjouissant de voir que le festival n’a pas juste perduré pendant 25 ans, mais qu’il a grossi. J’avais travaillé indirectement pour Cinoche avant même de faire des films. Pour moi, d’être ici pour le 25e, c’est comme de revenir à la maison, en plus avec un nouveau film. Quel grand bonheur! Même si aujourd’hui, c’est un contexte plus standard, différent de celui de La Turbulence des fluides, où les scènes avaient été filmées à Baie-Comeau, ça me rend vraiment fébrile. Comme disait le président d’honneur de Cinoche, Hugo Latulippe, nos films voyagent souvent sans nous. Alors, l’occasion est idéale dans ce festival pour obtenir la réponse directe du public.

 

D’où vous est venue l’inspiration pour Liverpool ?

Pendant 10 ans, j’ai fait beaucoup de recherches sur Internet. J’ai beaucoup vécu par ça, en remarquant l’évolution de la technologie, qui entrait de plus en plus dans nos vies, et la consommation effrénée. Il y avait le côté positif, mais aussi celui plus sombre. Ça n’a pas été nécessairement la source de départ du film, mais c’est devenu le sujet, le filigrane, le tissu pour présenter une histoire que j’espérais différente : une histoire d’amour en 2012. Ce sont deux jeunes purs et naïfs qui confrontent un monde macabre et méchant. Leurs idéaux se voient ainsi mesurés à la réalité.

 

Dans le film, la désillusion prend-elle le dessus sur l’espoir ?

Le film parle du fait qu’il y a des gens corrompus, qui manigancent. Par contre, il y a un grand mouvement social qui dit oui à la question que je me posais, à savoir : est-ce que les gens sont encore sensibles, capables d’empathie ? C’était comme si, quatre ans plus tôt, j’avais anticipé le mouvement étudiant. Dans Liverpool, il y a donc beaucoup d’espoir à travers cette mobilisation, cette solidarité, alors qu’on pourrait croire qu’en 2012, les gens sont trop médiatisés et qu’il n’y a plus d’empathie.

 

À quoi peut-on s’attendre en visionnant Liverpool ?

C’est un film contemporain, mais on décèle aussi une sorte de nostalgie du passé de la part des jeunes qui auraient aimé connaître une vie plus simple, vivre avec les vieux polaroids et les vieilles voitures. Il y a donc deux pôles qui se confrontent. Même chose pour le genre du film, qui est à la fois une comédie romantique et un thriller. Cependant, je défais les clichés. On ne reste pas dans un genre fermé. J’aime éclater les conventions. Le spectateur pense que je l’amène en quelque part, mais je défais ce qui est prévisible.

 

Pourquoi avoir choisi Stéphanie Lapointe et Charles-Alexandre Dubé comme têtes d’affiche ?

C’est au terme de plusieurs auditions que je les ai choisis. Je cherchais LE couple romantique par excellence. Quand ils se sont retrouvés les deux ensemble, la magie a opéré. C’est un couple unique. Charles a été une révélation. C’est son premier grand rôle à l’écran, mais c’est un acteur d’avenir. Les deux ont un talent hallucinant.

 

Photo : Le Manic

Partager cet article