Fermeture du Jardin des glaciers : Les réactions fusent

Par 12:00 AM - 08 mai 2013
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Le Groupe Canalta cherche maintenant un acheteur pour son terrain zoné hébergement et restauration. Deux à trois chaines hôtelières ont été approchées.

Baie-Comeau – Plusieurs personnes et organisations ont réagi à la fermeture du Jardin des glaciers, annoncée lundi par la Corporation Plein Air Manicouagan.

Marlène Joseph-Blais

Employés

Les employés du Jardin des glaciers ont conjointement signifié leur incompréhension et leur déception après qu’ils aient été avisés de la fermeture par deux administrateurs de la Corporation Plein Air Manicouagan, lundi matin. Alors que certains d’entre eux y œuvraient depuis plusieurs années, d’autres avaient récemment fait le choix de venir s’établir à Baie-Comeau, expressément pour y travailler. C’est le cas du coordonnateur à l’animation, Mathieu Payette, originaire de l’Outaouais et Nord-Côtier d’adoption depuis un an. «J’ai étudié en sciences et en animation. Je savais ce que je voulais faire et c’était exactement ça. Ça marchait beaucoup, on recevait les groupes scolaires, mais on allait aussi dans les classes», a-t-il dit. Myreille Lalancette, au service du Jardin depuis cinq ans, semblait également désemparée, après avoir multiplié les efforts afin de maintenir l’attraction en vie.

Député de René-Lévesque

Le 1er mai, le député de René-Lévesque, Marjolain Dufour, annonçait une aide gouvernementale totalisant près de 150 000 $ destinée au Jardin des glaciers, après que la direction ait appelé à l’aide. «S’il y en a un qui a amené de l’argent neuf pendant le laps de temps demandé, c’est moi. J’ai fait tous les efforts que j’ai pu», a-t-il indiqué. M. Dufour comprend que la décision finale revenait à la Corporation, mais il considère cette annonce comme une perte pour la région. «Je suis déçu d’apprendre qu’ils ont décidé de mettre la clé dans la porte, vraiment déçu», a-t-il laissé tomber.

Ville de Baie-Comeau

La mairesse de Baie-Comeau, Christine Brisson, dit comprendre le choix des administrateurs en raison du casse-tête financier qui semblait difficile à résoudre. «C’est une situation qui est triste, ce sera à la Corporation de prendre les prochaines décisions. Le 625 000 $ de la Ville est encore prévu au budget, mais comme les nouveaux argents ne sont pas là, pour l’instant le scénario ne change pas», a-t-elle mentionné. À la municipalité, on ne connaît toujours pas les détails entourant la fermeture, mais comme la Ville a cautionné un prêt alloué au Jardin des glaciers et que certaines installations lui appartiennent, elle assure qu’elle respectera ses engagements.

Croisières Baie-Comeau

Selon Renée Dumas, déléguée commerciale chez Croisières Baie-Comeau, la fermeture du Jardin des glaciers représente une perte énorme pour l’industrie touristique de la Côte-Nord. «Les bateaux réservent deux ans à l’avance et on leur avait vendu l’escale avec le Jardin des glaciers. Je m’attends à ce que des bateaux annulent», a-t-elle exprimé. Mme Dumas estime que de nouvelles avenues devront être envisagées si l’on souhaite réussir à attirer des bateaux, mais qu’aucun attrait n’est en mesure de remplacer le Jardin pour l’instant. «Le défi, ce sera de changer complètement l’image qui était vendue avec les croisières dans la Saint-Laurent depuis sept ans. J’ai deux semaines pour trouver des alternatives. On regarde pour créer de nouveaux tours, à Pointe-aux-Outardes et à la Cache d’Amélie, par exemple», a-t-elle mentionné.
Chambre de commerce

«On parle de 2 à 2,5 millions de retombées économiques que nous n’aurons pas. Est-ce que ce sera dramatique, on ne le sait pas. Oui, ça va avoir un impact, c’est certain, mais c’est son ampleur qu’il reste à voir», a affirmé le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Michel Truchon. Caractérisant les plans de relance présentés dernièrement de «plans de survie», il estime que le scénario aurait pu être tout autre si le cri d’alarme avait été lancé plus tôt, laissant le temps à l’organisation de changer ses façons de faire avant que la situation ne dégénère. «À l’époque, [Christian] Bouchard disait que c’était un produit appelant. Maintenant, moi je dis que c’était peut-être plus un produit pour retenir les touristes», a-t-il ajouté.

SADC

Le directeur général de la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de Manicouagan, Martin Ouellet, était sur place lors du point de presse organisé par les employés. Disant comprendre le contexte dans lequel la décision a été prise, il a tout de même rappelé que des mesures avaient été entreprises afin d’aider le Jardin des glaciers et que l’organisation était en attente de réponses. «C’est un levier économique, quelque chose qui nous permettait de se diversifier. Est-ce qu’il faut faire autrement à l’avenir et miser sur autre chose que le tourisme pour diversifier notre économie, c’est une question qu’on devra se poser», a-t-il avancé.

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