Des serpents dans la Manicouagan

Par 12:00 AM - 21 août 2013
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Baie-Comeau – Un drame survenu à Campbellton au Nouveau-Brunswick, le 5 août, a secoué la population canadienne, alors qu’un python a tué deux enfants. Quelques semaines plus tard, les discussions entourant la garde de serpents domestiques persistent, et ce, même dans la Manicouagan, où l’on retrouve quelques propriétaires de ces reptiles.

Marlène Joseph-Blais

À l’animalerie Scoubizou de Baie-Comeau, on vend des souris à chaque semaine aux gens qui possèdent des serpents afin qu’ils puissent les nourrir. «On ne tient plus de serpents en magasin. Au début on en avait, des petits, mais maintenant on en vend sur commande. C’est sûr qu’il y en a en masse qui en ont ici», indique Jasmine Poirier,  propriétaire du commerce. Elle précise qu’il s’agit cependant d’espèces qui n’ont rien à voir avec le python de Seba, en cause dans la récente tragédie, qui lui peut mesurer jusqu’à cinq mètres et peser 100 kilogrammes. «Ce serpent-là, il est classé agressif. Jamais on n’en vendrait de ce genre», affirme Mme Poirier.

Si des gens craignent ces reptiles davantage en raison de l’évènement survenu au Nouveau-Brunswick, les propriétaires de serpents dans la région et leurs proches n’ont pas à avoir peur, puisque les espèces permises sur la Côte-Nord et vendues dans les commerces n’ont pas tendance à être dangereuses. «Ceux qui en possèdent n’ont généralement pas de problème. C’est certain que, si tu veux qu’il soit docile, il faut le manipuler, de là l’importance de l’avoir petit pour l’habituer rapidement», explique Mme Poirier, en spécifiant qu’un serpent est toujours vendu avec un vivarium et qu’il n’y a donc pas de raison pour qu’il s’échappe dans la maison où hors de celle-ci.

Autorisé par la Ville

La Ville de Baie-Comeau n’interdit pas la garde d’un serpent aux citoyens, mais ceux-ci se doivent de respecter la réglementation sur les animaux, en vigueur depuis 2011. Bien que le gardiennage ou l'élevage d'animaux sauvages exotiques soit prohibé dans les limites de la municipalité, la règle exclut les espèces en vente libre dans les animaleries ou pour lesquelles des permis ont été émis par les gouvernements provincial ou fédéral. «Ce qui signifie qu’un résident de Baie-Comeau peut posséder un serpent qui est légal au Québec et vendu dans une animalerie», précise Mathieu Pineault, coordonnateur aux communications et au service à la clientèle à la Ville.

Aucun accident

À la Sûreté du Québec, on ne se souvient pas qu’un accident impliquant un serpent soit survenu sur le territoire de la Côte-Nord. Selon la sergente Nathalie Girard, agent d’information pour le district Côte-Nord, les seuls événements qui sont rapportés concernent les chiens ou, exceptionnellement, les vols d’animaux de compagnie, qui peuvent inclure certains reptiles. «On répertorie un peu moins de dix accidents par année en ce qui concerne les morsures de chien. En général, les gens ne nous appellent pas, sauf si c’est en lien avec un délit», explique-t-elle.

 

Photo : Les résidents de la Manicouagan sont souvent plus familiers avec les couleuvres, une espèce non venimeuse que l’on retrouve dans les lieux humides de la Côte-Nord, qu’avec les autres types de serpents. (Courtoisie Jason Gagné)

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