Alcoa pourrait fermer ses usines québécoises

Par 12:00 AM - 30 octobre 2013
Temps de lecture :

Baie-Comeau – Les trois alumineries québécoises d’Alcoa, soit celles de Baie-Comeau, Bécancour et Deschambault, pourraient fermer l’an prochain, si l’entreprise n’obtient pas d’Hydro-Québec un tarif d’électricité concurrentiel, selon un avis qui aurait été transmis à la société d’État.

Marlène Joseph-Blais

Le député de René-Lévesque, Marjolain Dufour, déplore la stratégie d’Alcoa qui, selon lui, prend en otage les populations et les régions touchées. Bien que des discussions soient en cours entre le gouvernement du Québec et Alcoa, l’élu croit qu’il n’y a pas lieu d’être alarmiste. «Je trouve déplorable qu’Alcoa utilise la place publique pour alarmer la population et créer un état de panique dans nos communautés et nos familles. Le gouvernement demeure à l’écoute et discute avec l’entreprise. Il est important de mentionner que la négociation ne se fera pas sur la place publique», a déclaré le député.

Chambres de commerces

Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Bernard Filiatrault, s’est rapidement mis en mode action, après avoir appris qu’Alcoa menacerait de fermer ses trois alumineries québécoises dans un an. «J’ai contacté les présidents des chambres de commerce de Bécancour et de Deschambault ainsi que la Fédération des chambres de commerce du Québec. On se rencontre à Trois-Rivières vendredi pour préparer [un plan d’action concerté avec les autres régions concernées]», indique-t-il. Selon les informations qu’on lui a transmises, le gouvernement québécois ne semblerait pas démontrer d’ouverture pour le moment. Le Parti Libéral aurait quant à lui l’intention de talonner la première ministre Pauline Marois et son Conseil des ministres à ce sujet à l’Assemblée nationale aujourd’hui.

Ce matin, la première ministre aurait qualifié l’entreprise d’«alarmiste» en ce qui a trait à la possible fermeture de ses trois usines québécoises si elle n’obtient pas un tarif d’électricité réduit à l’issue de son contrat d’approvisionnement avec Hydro-Québec, en novembre 2014. Bernard Filiatrault ne prend toutefois pas cette annonce à la légère. «De notre côté, que ce soit du bluff ou pas, et on ne croit pas du tout que ce soit du bluff, on va agir. En connaissant la situation mondiale de l’aluminium, avec les gaz de schiste au États-Unis et la main-d’œuvre moins coûteuse ailleurs, entre autres, on sait que le contexte au Québec est de plus en plus difficile», affirme le président.

Réactions

La mairesse sortante de Baie-Comeau, Christine Brisson, considère que le gouvernement et l’entreprise doivent en venir à une entente le plus rapidement possible et qu’ils ne peuvent laisser planer une telle incertitude au sein des communautés touchées. «Va falloir que, dès deux côtés, on respecte ce qu’on dit. Si Hydro-Québec accepte d’ajuster ses tarifs d’électricité, et je pense que c’est possible, Alcoa doit respecter ses engagements, comme la modernisation de l’usine de Baie-Comeau. Il faut que ce soit donnant-donnant», soutient-elle.

Le Syndicat national des employés de l'aluminerie de Baie-Comeau tiendra un point de presse à Baie-Comeau à 14 h pour réagir à ces annonces.

Partager cet article