Alcoa : Le syndicat craint pour l’avenir de la région

Par 12:00 AM - 31 octobre 2013
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Baie-Comeau – Bien qu’il soit persuadé que les sorties médiatiques d’Alcoa consistent en une stratégie de négociation visant à obtenir les tarifs d’électricité demandé auprès d’Hydro-Québec, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau dénonce l’inquiétude causée par l’entreprise chez son personnel et l’ensemble de la communauté.

Marlène Joseph-Blais

Le président par intérim du syndicat, affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), Michel Desbiens, considère qu’il faut agir avec prudence devant une telle situation, puisque les vieilles séries de cuves sont fermées à l’heure actuelle et que la modernisation de l’usine n’a toujours pas été entamée. Comme les menaces de fermeture pourraient devenir réelles, M. Desbiens appelle à une mobilisation concertée des acteurs régionaux, pour éviter que les élus, les intervenants économiques et le syndicat frappent à la porte du gouvernement québécois un à un. «Il faut y aller tous ensemble. […] Il y a dix ans, on parlait de la modernisation, là, on parle de la survie. Il va falloir y aller une coche au-dessus», indique le président, qui a bon espoir que tout cela se règle positivement.

Les négociations en cours entre Alcoa et l’État québécois ne peuvent pas inclure la partie syndicale, M. Desbiens en est conscient. Cependant, il demande à ce que les employés des trois alumineries ciblées soient mis au parfum de l’avancement du dossier. «Depuis l'arrivée d'Alcoa à Baie-Comeau, en 2000, elle a demandé à plusieurs reprises au syndicat de faire des concessions pour maintenir productive l'aluminerie. Ce sont nos conditions de travail, mais surtout nos emplois qui sont en jeu. Nous sommes concernés au premier chef. Pas question d'être exclus», a fait valoir le président du syndicat.

La région pourrait écoper

Le président du Conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay, ne peut tout simplement pas croire que le gouvernement va «laisser tomber» la région en permettant à un employeur si important de fermer son usine. Selon lui, l’État québécois devra mettre la main dans sa poche très profondément pour relancer l’économie de Baie-Comeau et des environs si l’entreprise décide de mettre la clé dans la porte de l’aluminerie. «Si cette usine ferme, il va falloir qu’il en fasse pas mal pour la relever, cette région-là», affirme M. Tremblay.

Il estime toutefois qu’Alcoa a une grande part de responsabilité à assumer. «Ils se disent un joueur corporatif important, mais maintenant, il faut qu’ils posent des gestes concrets pour répondre aux attentes qu’ils ont créées à l’intérieur de l’usine et dans la région», mentionne M. Tremblay, en rappelant que le nombre d’employés se situera à 900 lorsque les 540 départs à la retraite récemment annoncés seront complétés. Il y a une dizaine d’années, l’aluminerie de Baie-Comeau comptait 2 300 travailleurs, selon la CSN.

 

Photo : Le président du Conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay, et le président par intérim du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens, estiment que l’avis transmis à Hydro-Québec par Alcoa consiste en une stratégie de négociation. Malgré cela, ils prennent au sérieux la possible fermeture des trois alumineries québécoises. (Le Manic)

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