Les sœurs Thériault sur les traces de leur père

Par 12:00 AM - 11 novembre 2014
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Baie-Comeau – Vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, le Baie-Comois Philippe Thériault a participé à la libération de May-Sur-Orne, en France, le 8 août 1944. Afin de découvrir une partie de son histoire, quatre de ses enfants sont retournées sur ses traces, dans le village qu’il a libéré il y a de cela soixante-dix ans.

Roxanne Simard

Visiblement très émues par ce voyage, Thérèse et Gilberte racontent avec une immense joie leur visite dans la commune de May-Sur-Orne en septembre dernier, avec leurs sœurs Cécile et Rolande. «Nous avons été accueillies comme des héros! Huit élus locaux nous attendaient et ils nous ont remis la médaille d’honneur de la commune. Nous étions vraiment touchées par cet accueil et surtout fières de notre père», expliquent les deux sœurs, toujours résidentes de Baie-Comeau.

Après avoir visité le monument aux morts canadiens et l’église Ste-Thérèse, les femmes ont pu entendre les témoignages de personnes ayant vécu la libération. Ce voyage leur a permis de comprendre la contribution de leur père dans ce conflit et ce qu’il a vécu. D’ailleurs, être sur les lieux mêmes du débarquement et dans le village où leur père est passé a été très riche en émotion pour elles.

Philippe Thériault, décédé en 1990, avait lui aussi eu la chance de retourner sur les lieux, lors d’un voyage en 1988. «Notre père ne parlait pas de la guerre, donc on en sait peu. C’est pourquoi c’était important pour nous d’aller là-bas», précise Thérèse.

Un héros

Barbier de formation, Philippe Thériault s’est engagé dans l’armée à l’âge de 27 ans en raison du contexte économique difficile. Toutefois, il ne se doutait pas qu’un peu plus tard il serait transféré en Angleterre afin de participer au Jour J.

Membre du 22e régiment, il a participé à l’opération Totalize, menant à la libération de May-Sur-Orne, puis est allé jusqu’en Allemagne. «Je me rappelle que ma mère avait reçu un télégramme disant qu’il était porté disparu. J’étais enfant donc je ne réalisais pas vraiment, mais je me souviens de ma mère qui pleurait. Heureusement, il a été retrouvé une semaine plus tard», affirme Gilberte.

C’est dans une tranchée en Allemagne que le soldat Thériault a été blessé. Alors qu’un obus toucha directement un de ses compagnons, il reçut un éclat à la main. Un moment qu’il l’a énormément marqué, selon les deux sœurs.

De retour au pays, il ne pouvait plus exercer le métier de barbier en raison de sa blessure. Il est envoyé faire un cours de menuiserie, puis en 1951, il déménage sur la Côte-Nord afin de travailler comme mesureur de bois.

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