Technologue forestier, un métier d’avenir

Par 12:00 AM - 20 février 2015
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Baie-Comeau – Avec la crise forestière qui fait les manchettes, difficile de croire que la forêt est un domaine d’avenir et que la Côte-Nord a besoin de main d’œuvre dans ce secteur. C’est pourtant le cas du métier de technologue forestier qui, malgré les préjugés et la désinformation, offre de nombreux débouchés et possibilités d’emplois.

Roxanne Simard

Selon Jean-Philippe Leclerc et Philippe Goulet, enseignants en technologie forestière au Cégep de Baie-Comeau, les emplois en foresterie sont nombreux, contrairement à ce que certains peuvent croire. D’ailleurs, il n’y avait pas assez d’étudiants pour fournir la demande l’an dernier, donc les enseignants n’ont aucune inquiétude pour le placement de leurs 14 étudiants.

«D’abord il faut faire la distinction entre la papetière et l’usine de sciage. Ce ne sont pas les techniciens forestiers qui sont touchés par la crise actuelle, les emplois en forêts sont encore là. Des inventaires et de l’aménagement, on va continuer d’en faire encore longtemps […] Il faut aussi préciser que ce n’est pas seulement saisonnier. Il y a beaucoup d’emplois à l’année», précise Jean-Philippe Leclerc.

De plus, ces emplois offrent beaucoup de possibilités d’avancement et des salaires intéressants. Les technologues forestiers peuvent être embauchés par des PME, des multinationales, des ministères, des entreprises sylvicoles, des municipalités, des MRC, des firmes de génie-conseil, des mines, etc.

«Les travailleurs en foresterie connaissent la forêt et plusieurs types d’entreprises ont besoin de techniciens qui ont cette expertise. Ils ont une connaissance approfondie de l’environnement forestier, puisqu’on les initie à la faune, à la biologie, à la dynamique de peuplement, aux feux et insectes, à la notion de paysage, à la gestion des données, au développement durable, etc.», note M. Goulet.

Dans un avenir prochain, l’industrie forestière risque d’être confrontée à un problème de main-d’œuvre puisque les travailleurs en place se préparent à prendre leur retraite.

Désinformation

D’après les deux enseignants, il y a une certaine disparité entre ce que les gens pensent et ce qui se passe réellement en forêt, alors que ce domaine a beaucoup changé.

«Il y a beaucoup de mauvaises connaissances basées sur ce qui se faisait dans le passé et il y a un volet négatif accroché à ce domaine. Pourtant, c’est un si beau métier. On ne détruit pas la forêt, on contribue à l’aménager de façon durable et à en prendre soin»,  expliquent-ils. 

D’ailleurs, M. Leclerc enseigne à ses étudiants que l’ensemble des actions des technologues forestiers peuvent être englobés dans les trois B : Bon traitement, à la Bonne place et pour les Bonnes raisons.

Formation

Le Cégep de Baie-Comeau est quant à lui le seul sur la Côte-Nord à offrir le programme de Technologie forestière. Ce programme a été relancé il y a un peu plus d’un an en collaboration avec les entreprises de la région, afin de combler le besoin de main-d’œuvre. Pour les employeurs, il était important de former ici même des gens qualifiés pour travailler dans la région.

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