Treize nouvelles places en CPE seront créées à Baie-Comeau

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 20 janvier 2016
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Baie-Comeau – Un nouveau service de garde subventionné de 13 places verra le jour à Baie-Comeau d’ici la fin de 2016. Le Centre de la petite enfance (CPE) Magimuse devrait être fixé sur le choix de l’emplacement dans deux semaines tout au plus.

Faisant partie des trois dossiers autorisés dans la Manicouagan lors du dernier appel de projets de développement lancé par le ministère de la Famille en 2013, la nouvelle installation sera située dans le Secteur-Ouest de la municipalité.

« On est en pourparlers avec la Ville de Baie-Comeau pour certains locaux qui sont disponibles, mais rien n’est encore décidé », souligne Lucie Vaillancourt, directrice générale du CPE Magimuse, situé à Ragueneau. Une fois fixée là-dessus, le choix du site devra recevoir l’aval du ministère.

La petite installation comptera cinq places pour poupons (moins de 18 mois) et huit pour un groupe multiâge. En plus de créer de l’emploi, l’avènement du nouveau service de garde soulagera des parents en attente d’une place subventionnée, souligne Mme Vaillancourt.

Coût du projet

Le coût du projet est évalué à 160 000 $ en améliorations locatives et en équipements, selon des barèmes du ministère de la Famille.
Mme Vaillancourt considère que cette évaluation demeure cependant en deçà de la réalité. « Juste au niveau des architectes, ç’a été près du double des coûts des estimations», mentionne-t-elle, en précisant que le contrat n’est pas encore accordé.

Québec ne contribue plus qu’à 50 % des coûts des projets de développement, contrairement à ce qui prévalait lorsque Magimuse a soumis son dossier en 2013. À ce moment-là, la liste d’attente pour une place en service de garde subventionné renfermait 1 100 noms.

Un deuxième projet de développement de 52 places est aussi en marche pour Magimuse. Sa réalisation est prévue pour l’année 2019-2020. Des démarches sont en cours avec la municipalité pour dénicher l’emplacement idéal. « Je pense que la Ville de Baie-Comeau est consciente de l’importance des services de garde », note la directrice générale. Du côté du CPE Les p’tits Bécots, à Baie-Comeau, un projet de développement de 60 places est au calendrier pour 2018-2019.

Financement régulier

Après des compressions annuelles répétées dans le financement de son réseau de centres de la petite enfance, le gouvernement du Québec souhaite encore réduire leur budget de 120 millions de dollars en 2016-2017, au grand dam de Lucie Vaillancourt et de tous ceux qui œuvrent dans le secteur.

« On fonctionne déjà au minimum. Les “heures éducatrices” sont déjà au minimum. On module. Si on sait que des enfants rentrent plus tard le matin, on fait rentrer les éducatrices plus tard », cite en exemple Mme Vaillancourt. À l’installation de Ragueneau, le poste d’agente de soutien pédagogique est disparu. « On ne peut plus couper à nulle part. Ce qui va arriver l’an prochain, on ne le sait pas », affirme-t-elle.

Mme Vaillancourt se désole de l’absence de vision du gouvernement, qui décide de couper au même niveau partout sans égard à la réalité de chaque CPE. « Ça fait plusieurs années qu’on donne. On ne peut pas couper à toutes les années. Il faut que ça arrête un jour tout ça », insiste-t-elle. Or, pendant que les CPE en arrachent et coupent des services pour réussir à maintenir la tête hors de l’eau, Québec vient moduler la contribution des parents en fonction  leurs revenus à compter de cette année, ce qui augmentera les coûts pour plusieurs d’entre eux.

Du côté du Regroupement des CPE de la Côte-Nord, son directeur général, Réal Aloise, s’inquiète aussi des ponctions successives au financement des centres. « C’est très inquiétant pour notre réseau. Là, on est rendu à couper dans les services, dans les« heures éducatrices » et dans l’accompagnement. Donc, ceux qui risquent d’être pénalisés, c’est les enfants ayant des besoins particuliers », dit-il. D’après M. Aloise, pour le gouvernement, le réseau de la petite enfance n’est malheureusement plus qu’une colonne de chiffres depuis quelques années.

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