La STQ et le chantier Davie sont à couteaux tirés

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 09 mars 2016
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Baie-Comeau – La construction des deux nouveaux navires de la traverse Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine fait encore couler de l’encre. Cette fois-ci, ce n’est pas tant en raison des retards importants pour leur livraison, mais bien pour leur dépassement de coût.

Après avoir refusé de répondre à des questions concernant le bond dans le montant de la facture liée à la  construction des deux navires en raison d’erreurs de planification de sa part, la Société des traversiers du Québec (STQ), par la voix de son président-directeur général, Jocelyn Fortier, a réagi, vendredi dernier, le jour même de la publication d’un texte dans le Journal de Québec.

En disant se baser sur l’obtention de documents confidentiels, le quotidien affirme que le construction des deux traversiers coûtera finalement 145 M$, plutôt que les 125 M$ prévus au contrat paraphé avec le chantier maritime Davie. Selon le texte, ce bond s’explique par une mauvaise planification au chapitre du nombre de points de connexions de lecture et de commande nécessaires.

Le chantier maritime aurait informé la STQ au début de novembre dernier de la situation, en mentionnant une « requête de changement considérable dans le secteur du câblage électrique », écrit le Journal. La Société aurait rejeté la demande en déplorant qu’elle survienne aussi tardivement dans le processus.

Pas plus tard que le 23 février dernier, le chantier devait discuter à nouveau des dépassements de coûts avec  la STQ, mais cette dernière aurait annulé la rencontre sous prétexte qu’elle n’avait pas eu le temps de prendre connaissance des documents reçus en novembre.

Erreurs de fond

Dans un communiqué émis rapidement après la publication du Journal de Québec, la STQ parle « d’erreurs de fond » qui se sont glissées et dit vouloir émettre des correctifs à l’article « dans le but d’assurer une meilleure information du public. »

La Société affirme n’avoir demandé aucune modification justifiant des extras de plusieurs millions de dollars dans le contrat accordé au chantier Davie. « La seule prétention d’un chantier naval à l’effet de réclamer des extras ne les rend pas nécessairement dus et exigibles », insiste-t-elle, rappelant le prix ferme de 125 M$ convenu à l’entente pour la construction des deux traversiers.

Jocelyn Fortier, PDG de la STQ, affirme que les deux parties se sont rencontrées à plusieurs reprises. Selon lui, la Société a communiqué ses attentes en lien avec les demandes de changements, et ce, conformément au contrat. « Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse à nos représentations. En tant qu’administrateurs responsables, en toute transparence, il nous faut ajouter que nous sommes préoccupés par les retards à livrer les navires. Nous ne réglerons pas ce différend par médias interposés et les responsables du chantier Davie savent où trouver les outils dont ils ont besoin pour se faire entendre », martèle M. Fortier, tout en soulignant qu’aucun autre commentaire ne sera formulé publiquement à ce sujet.

Rappelons qu’un premier navire devrait être mis en service à l’été 2016 et le second quelques mois plus tard.

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