Main-d’œuvre régionale : Québec démarre son projet-pilote

Par 12:00 AM - 25 mars 2016
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Sept-Îles – Annoncé en décembre, le projet-pilote pour accroitre la main-d’œuvre régionale sur les grands chantiers de la Côte-Nord prend son envol. De nouvelles règles à respecter en matière d’embauche feront leur apparition dans les appels d’offres, dès ce printemps.

Fanny Lévesque

Hydro-Québec qui mène le plus gros chantier du Canada à Havre-Saint-Pierre sera la première à emboiter le pas en introduisant une nouvelle clause, à certains contrats spécifiques de construction, qui visera à augmenter de 20% le pourcentage de la main-d’œuvre régionale. Une remise financière sera même versée à l’entrepreneur s’il atteint les taux d’embauche fixés au contrat.

«C’est vraiment une première parce que c’est très délicat, s’est réjoui le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, faisait allusion aux lois en place comme la «libre mobilité» des travailleurs et aux ententes de commerce. «Il faut s’assurer dans ce genre d’actions là que ce n’est pas contraire aux ententes en vigueur.»

Le ministère des Transports, grand donneur d’ordre de la région, ajoutera lui aussi une clause à ses contrats d’ici les prochaines semaines, cette fois pour que les entreprises mesurent obligatoirement leur taux d’embauche régionale. Le Ministère entend ainsi acquérir des données sur le taux d’embauche sur ses chantiers, avant d’orienter ses actions dans le futur.

Sortir «des sentiers battus»

Ces nouvelles mesures découlent de la création du Comité sur l’embauche de la main-d’œuvre régionale sur la Côte-Nord, formé d’urgence dans la foulée des barrages routiers menés simultanément à trois endroits sur la 138, par des travailleurs de la construction mécontents et le leader syndical, Bernard «Rambo» Gauthier, en juin 2015.

«On sort des sentiers battus (avec le projet-pilote)», a indiqué le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, qui a participé aux travaux du comité piloté par la Société du Plan Nord. «Les entreprises qui débarquaient ici avec toute leur équipe, bien elles ne seront peut-être plus concurrentielles maintenant (…) J’ai confiance que ça va améliorer la situation».

Le maire Porlier se réjouit également que le ministère des Transports compilera désormais des données sur la main-d’œuvre régionale. «Je suis très satisfait parce que ce sont des mesures concrètes, dont on jugera les résultats, mais qui vont vraiment donner un avantage à embaucher de la main-d’œuvre régionale (…) Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, le comité va prendre acte et réagir».

Retombées rapides  

D’une durée d’un an, le projet pilote aura des retombées dès la reprise des chantiers au printemps, assure le ministre Arcand, qui ne s’aventure pas néanmoins à les chiffrer. «Déjà, si on a une augmentation minimum, ce sera un pas dans la bonne direction (…) Ce qui est important, c’est qu’on a aujourd’hui des mesures concrètes, qui vont donner des résultats aux travailleurs de la Côte-Nord.»

Pierre Arcand espère ainsi que l’initiative du gouvernement permettra de «tracer la voie» et d’encourager l’embauche régionale dans les chantiers privés, comme le secteur minier. Des mesures visant la formation «individualisée» des travailleurs de la construction pour développer leurs compétences sont aussi prévues dans le projet pilote.

 

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