44 M$ pour relancer la mine du lac Bloom

Par 12:00 AM - 20 avril 2016
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La société junior a annoncé la semaine dernière, avoir complété son financement de 30 millions $, un objectif qu’elle s’était fixé pour s’assurer du maintien et du développement du site pendant au moins 24 mois et se donner une marge de manœuvre pour la réalisation d’autres projets. C’est ce qu’a confirmé au Journal le vice-président à l’ingénierie de l’entreprise, David Cataford.

Québec, par l’entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures, investit 14 M$ dans la nouvelle entité appelée Minerai de fer Québec, qui opérera la mine, et un autre 6 M$ dans le montage financier ficelé par Champion grâce à la participation d’investisseurs privés. L’État devient propriétaire à hauteur de 36,8 % et seul partenaire de Champion, qui détient le reste des actions de la société Minerai de fer Québec.

« La priorité sera d’intégrer la quarantaine d’employés qui font maintenant partie de l’équipe de Minerai de fer Québec », a indiqué M. Cataford. Ces travailleurs à l’emploi de Cliffs Natural Resources étaient toujours en poste pour le maintien du site en veilleuse depuis l’arrêt des activités en décembre 2015. Trop tôt par contre pour spéculer sur une reprise des opérations d’ici deux ans.

« Notre intérêt, c’est de redémarrer les installations dès que les conditions seront réunies pour le faire de façon viable », a-t-il poursuivi. La fermeture de la mine du lac Bloom a renvoyé plus de 600 travailleurs à la maison, faut-il le rappeler, en plus de fragiliser un important réseau de sous-traitants. « Le meilleur message pour les gens de Fermont et de la Côte-Nord en général, c’est que nous avons l’intention de nous approvisionner avec les entrepreneurs locaux et de maximiser les retombées de notre projet sur les communautés », a assuré M. Cataford, soulignant que le dialogue est déjà ouvert avec la Ville de Fermont et la bande de Uashat mak Mani-Utenam.

Champion indique par ailleurs que la main-d’œuvre locale, les membres des Premières Nations et les ex-employés de Cliffs seront priorisés au moment de l’embauche.

Déjà des projets

Champion a déjà des visées pour sa mine, achetée pour 10,5 M$, dans le cadre de la liquidation légale de Cliffs. La société a dans ses cartons une stratégie pour élaborer un nouveau plan minier et atteindre une production de 7 millions de tonnes de concentré par an. Tout le circuit de récupération du minerai sera également revu pour en faire l’une des mines de fer « à plus faible coût en capital » de la planète. « Le minerai extrait au lac Bloom est l’un des produits de plus grande qualité au monde », vante M. Cataford, avec une teneur en fer supérieure à 66 %, un avantage concurrentiel sur le marché. Dans sa transaction, Champion devient aussi propriétaire des titres miniers avoisinants Quinto et des installations ferroviaires du lac Bloom.

En parallèle, Champion entend « travailler en partenariat » avec le gouvernement, qui s’est aussi porté acquéreur des installations portuaires de Cliffs à Sept-Îles, pour disposer d’un « tarif raisonnable » afin d’expédier sa production future. Champion a d’ailleurs investi 25 M$ dans le nouveau quai multiusager du Port de Sept-Îles.

Il n’est pas exclu que Champion bénéficie d’une aide gouvernementale supplémentaire alors que Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, évalue toujours la possibilité d’accorder un prêt de 6 M$ à Minerai de fer Québec, un site « stratégique » qui stimulera « la vitalité économique de la Côte-Nord », soutient le gouvernement.

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