Du poisson frais dans la boîte, plutôt que des spécimens

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 27 avril 2016
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Baie-Comeau – L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) s’inquiète du projet de réorganisation des laboratoires médicaux au Québec, mais ses craintes sont encore plus vives pour la Côte-Nord en raison de l’immensité de son territoire.

On se souviendra que le projet Optilab, orchestré au Québec par le ministère de la Santé et des Services sociaux, veut concentrer dans un mégalaboratoire situé à l’Hôpital de Chicoutimi, une bonne partie des analyses d’échantillons prélevés dans les huit laboratoires de la Côte-Nord. La région du Nord-du-Québec doit aussi être desservie par le Saguenay.

Sylvain Sirois, répondant politique pour l’APTS sur la Côte-Nord, insiste sur le fait que la moitié du territoire du Québec sera relié à un seul laboratoire, ce qu’il considère inadmissible. Les impacts seront pires chez nous qu’ailleurs en province, affirme-t-il. Les pertes de spécimens découlant des aléas du transport par route, qui peuvent prolonger les délais pour se rendre à bon port, et les erreurs de manutention lui font craindre le pire.

Des histoires d’horreur

M. Sirois garde encore en mémoire cette boîte de spécimens de laboratoire qui avait quitté Sept-Îles pour être analysée par l’Hôpital de Rimouski. Or, à l’arrivée de la boîte, les technologues avaient découvert à l’intérieur non pas des échantillons, mais du poisson frais. Il y avait eu une erreur de manutention lors du transport.

Le porte-parole syndical y va d’un autre exemple : pas plus tard qu’en 2015, deux boîtes ont quitté Port-Cartier avec chacune 30 échantillons à analyser. Or, une fois les spécimens rendus à destination, la glace sèche qui devait les conserver en bon état s’était évaporée. « Il a fallu qu’on rappelle tous les patients. Les échantillons n’étaient plus viables. Ce sont des gens qui attendent pour des diagnostics et on les rappelle pour reprendre des prélèvements », déplore-t-il.

La charrue devant…

Le syndicat considère que Québec veut mettre la charrue devant les bœufs avant sa réorganisation des services de laboratoire puisque le système informatique n’est pas adapté à cela. Il dénonce aussi l’absence de protocole permettant la traçabilité des échantillons ou encore de protocole lié au respect des délais d’analyse de l’Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec.

M. Sirois se dit aussi assuré que l’analyse d’échantillons dans le laboratoire serveur de l’Hôpital de Chicoutimi allongera les délais pour l’obtention des résultats.

Ce qui est aussi inévitable, ajoute l’homme, ce sont les pertes d’emplois qui découleront de la réorganisation. Même si la commande ministérielle est d’y aller par attrition, l’âge moyen des technologues est trop bas en région pour envisager de profiter des mises à la retraite pour éliminer les postes en surplus. Le syndicat s’attend à une dizaine de mises à pied.

Enfin, l’impact de la réorganisation en cours sur le recrutement et la rétention de médecins spécialistes sur la Côte-Nord inquiète également l’APTS.

 

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