Soins de longue durée : sept codes rouges sur neuf

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 11 mai 2016
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L’amélioration de l’hébergement et des services de soutien à domicile pour les personnes âgées en perte d’autonomie représente un défi majeur auquel veut s’attaquer le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord.

Le CISSS a reçu un code rouge pour sept de ses neuf établissements de soins de longue durée en juillet dernier, à la suite d’une visite d’inspecteurs du ministère de la Santé et des Services sociaux. Les deux seuls qui ont évité le pire sont situés en Basse-Côte-Nord, avec un code vert, et en Minganie, avec un code jaune, a confié le président-directeur général de l’établissement, Marc Fortin, lors d’une rencontre de presse le 4 mai.

Selon le grand patron, les codes rouges s’expliquent par le fait que, deux ans après des constats émis lors d’une précédente visite, les gens du ministère n’ont pas vu de différence notable. Leur évaluation porte de façon générale sur la qualité des milieux de vie en ciblant notamment les activités offertes et les équipements.

Des changements doivent être apportés et des démarches sont entreprises. « S’il y avait un code rouge une autre fois, probablement que je ne serai plus là », a affirmé M. Fortin.

Les neuf centres d’hébergement de soins de longue durée de la Côte-Nord comptent un total de 406 lits, mais les véritables besoins sont moindres. « Sur l’ensemble des lits de longue durée, 40 % des personnes ne devraient pas être là », a précisé le PDG.

Soins à domicile

Si tant de personnes âgées se retrouvent en hébergement de longue durée, c’est parce que les services de maintien à domicile gagnent à être améliorés, tout comme les différents types de ressources intermédiaires. « Les gens qui ont le plus besoin de soutien à domicile, on ne répond pas actuellement à leurs besoins et on les héberge trop rapidement », a enchaîné Johanne Savard, présidente-directrice générale adjointe du CISSS.

L’objectif est de garder les personnes âgées le plus longtemps possible à la maison. Et quand le soutien offert deviendra insuffisant, différentes ressources d’hébergement dans le milieu devront être priorisées avant de penser aux établissements de soins de longue durée. « Notre prétention, c’est que ça n’a pas de prix de maintenir la personne âgée le plus près possible de son domicile », a insisté Mme Savard.

Actuellement, 1 700 personnes reçoivent des services de soutien à domicile sur la Côte-Nord. La cible se situe à 2 300.

Enfin, malgré le vieillissement de la population, le nombre de lits de soins de longue durée devrait se situer à 300 en 2026 sur la Côte-Nord, selon des prévisions du ministère. Cela sera possible avec le développement des soins à domicile et des ressources intermédiaires.

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