Otpilab : les députés de la Côte-Nord appuient la demande de moratoire

Par 12:00 AM - 19 juillet 2016
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Port-Cartier – Des maires et les deux députés péquistes de la Côte-Nord se sont rassemblés jeudi devant le centre hospitalier de Port-Cartier pour appuyer le moratoire de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) sur le projet de regroupement d’analyses de certains tests de laboratoire médicaux de la région à l’hôpital de Chicoutimi, connu sous le nom d’Optilab.

Martin Bélanger

En compagnie des députés de Duplessis, Lorraine Richard, et de René-Lévesque, Martin Ouellet, ainsi que des maires de Port-Cartier, Havre-Saint-Pierre, Sept-Îles et Baie-Comeau, le syndicat APTS a lancé un « appel à la mobilisation pour contrer le projet Optilab ». L’APTS représente 78 technologistes médicaux sur la Côte-Nord, dont 25 à Baie-Comeau.

Le syndicat était aussi présent à différents endroits dans la région pour « avoir une visibilité auprès de la population, leur expliquer c’est quoi le projet Optilab et qu’est-ce que ça a comme impact », a mentionné Martine Robert, première vice-présidente de l’APTS.

Une pétition de l’Assemblée nationale appuyant ce moratoire, parrainée par le député de Québec solidaire Amir Khadir, a récolté 6 000 noms, alors que sept municipalités de la Côte-Nord l’ont appuyé par résolution, affirme le répondant politique régional de l’APTS, Sylvain Sirois.

Au kiosque d’information tenu au Jean-Coutu de Baie-Comeau en marge du rassemblement de Port-Cartier, quelque 250 passants ont signé cette pétition.

Perte de services et d’emplois

« C’est une perte de services dans les régions et une perte d’expertise dans les centres de santé régionaux. Cette centralisation des services d’analyse en laboratoire est inacceptable. Nous ne sommes pas en mode confrontation, mais plutôt en collaboration avec le ministre et cette collaboration, nous allons la faire avec les technologues médicaux », a mentionné Martin Ouellet.

Le syndicat craint des pertes d’emploi. « Nécessairement, lorsqu’on réduit un nombre X de laboratoires en de plus petits nombres, et bien, on fait la lecture qu’il va y avoir des suppressions de postes. Déjà, dans d’autres régions, on nous a annoncé des suppressions de postes », a déclaré Mme Robert. Celle-ci estime que 70 % des analyses de aboratoire sur la Côte-Nord seront envoyées au Saguenay. « On peut faire une certaine corrélation qu’il peut y avoir des suppressions de postes également », croit-elle.

S’organiser seule?

À terme, le député Martin Ouellet pense que la Côte-Nord pourrait organiser seule son réseau de laboratoires. Il n’est pas contre le fait de repenser leur fonctionnement, mais pense que le ministère de la Santé tente d’imposer ce projet dans des délais courts et sans concerter le milieu. « Il y a des choses qu’il faut revoir et ça se peut qu’il y ait des pertes d’emploi. On le sait. […] La question, c’est toujours la mesure et l’intensité », explique-t-il.

En juin, le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait affirmé qu’il n’y aurait pas de mur-à-mur pour Optilab, mais que ce serait « un moyen qu’on adapte à chaque région pour aller chercher des économies d’échelle ». Sylvain Sirois affirme qu’il attend encore des preuves de cela et qu’il y a actuellement les appareils nécessaires dans la région pour desservir la population.

 

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