Place La Salle est assaillie par les fientes de goélands

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 26 juillet 2016
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Baie-Comeau – Les goélands sont une vraie peste, cet été, sur Place La Salle à Baie-Comeau. Avec les fientes qu’ils laissent échapper ici et là, ils font rager les commerçants et les clients, en plus d’enlaidir un magnifique centre-ville qui devrait pourtant faire la fierté de la municipalité.

La situation est à ce point problématique que Sylvain Carrier, le propriétaire du Manoir du Café, a carrément démantelé, il y a une quinzaine de jours, la jolie terrasse qui faisait le bonheur des citoyens et des touristes depuis plusieurs étés. Il se contente aujourd’hui de mettre quelques tables à la disposition de sa clientèle le long de sa bâtisse, ce qui lui offre une certaine protection.

« J’ai décidé de retirer ma terrasse à cause des goélands. Les clients se font arroser. Je ne peux pas asseoir du monde et leur dire : “ Faites attention ” », souligne le restaurateur. Il a déjà dû remplacer les assiettes de clients en raison des déjections de ces oiseaux marins, dont l’espèce est protégée. Selon l’homme d’affaires, la situation s’envenime d’année en année. « Les goélands, on les élève à Baie-Comeau », caricature-t-il.

Sylvain Carrier se souvient de ce touriste qui avait reçu une fiente en plein visage. « Il ne voyait plus rien. J’avais dû le prendre par la main et le descendre au sous-sol pour lui permettre de se laver », raconte-t-il.

Gérer les cacas d’oiseaux

À l’autre bout de Place La Salle, la Microbrasserie St-Pancrace n’est également pas épargnée par les déjections d’oiseaux. « On gère les cacas d’oiseaux », laisse tomber Karine Savard, copropriétaire et directrice générale.

Inaugurée en 2015, la terrasse du commerce compte trois parasols qui demeurent ouverts presque en permanence. « Au départ, on pensait les ouvrir quand il pleuvait, mais on les ouvre toujours finalement », note la porte-parole.

Tout comme du côté du Manoir du Café, la multiplication des fientes a un impact sur les frais d’exploitation quand elles tombent dans l’assiette ou dans le verre d’un client et qu’il faut les remplacer. Il y a aussi toute la question du nettoyage qui s’effectue sur une base constante avec des guenilles qui prennent ensuite le bord des poubelles en raison, selon elle, de la toxicité des excréments. « Il nous faudrait pratiquement un budget fientes », souligne Karine Savard.

Centre-ville sale

« Le centre-ville est sale, ç’a n’a pas d’allure », lance Janie Albert, directrice générale de la Chambre de commerce de Manicouagan (CCM), dont les locaux sont justement situés dans le secteur commercial. Elle considère que ça n’aide pas au développement des affaires pour les commerçants.

L’organisme a fait parvenir une lettre à la Ville de Baie-Comeau afin de dénoncer la situation et s’informer sur d’éventuelles démarches en cours. Il se dit prêt à apporter sa contribution pour trouver des pistes de solution.

« Il y a plusieurs propriétaires privés sur Place La Salle et la Ville n’a pas le droit de monter sur les bâtisses et faire ce qu’elle veut », admet Janie Albert. Elle croit qu’il est trop tard pour renverser la vapeur cette année puisque les œufs sont éclos, mais elle considère qu’il faut faire quelque chose pour éviter de revivre pareil envahissement l’an prochain.


« On prend ça au sérieux »

La Ville de Baie-Comeau prend au sérieux les désagréments causés par la prolifération des goélands sur Place La Salle. Elle a déjà en main une banque de photos récentes qui permet d’identifier clairement les deux édifices sur lesquels les oiseaux marins ont nidifié.

Le maire Claude Martel et le directeur général François Corriveau étant en vacances, la conseillère municipale du quartier, Reina Savoie-Jourdain, et la Société d’expansion de Baie-Comeau ont pris les choses en main rapidement après avoir appris que le Manoir du Café avait retiré sa terrasse en raison des nuisances causées par les goélands.
« On a envoyé tout de suite quelqu’un prendre des photos du dessus des édifices. On ne pouvait pas se permettre d’attendre le prochain comité général ou la prochaine séance du conseil (fin août) », souligne Mme Savoie-Jourdain. Les images sont révélatrices. Deux bâtiments sont ciblés, mais la conseillère refuse de les identifier pour le moment. Une chose est sûre, aucun édifice municipal n’est problématique.

Solution à trouver

Un comité sera formé pour trouver une solution. Il devrait réunir des représentants de la Ville et de la Chambre de commerce de Manicouagan, des commerçants et des gens du ou des ministères concernés.

Mme Savoie-Jourdain affirme que les commerçants et les citoyens ont entièrement raison d’être mécontents. « C’est sûr que ce n’est pas la responsabilité de la Ville de Baie-Comeau de s’assurer qu’il n’y ait pas de nids sur les toitures. Ça appartient aux propriétaires des édifices », lindique la  dame.

Il y a deux ans, la papetière de Produits forestiers Résolu y est allée d’effaroucheurs sonores. Les détonations régulières permettaient d’éloigner les oiseaux.

Les goélands sont protégés par la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Il est cependan t possible d’en contrôler les populations. Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, l’abattage ou la capture de ces animaux doit se faire selon les prescriptions d’un permis, délivré par le Service canadien de la faune.

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