Les Nord-Côtiers toujours parmi les plus gros au Québec

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 27 octobre 2016
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Sur la Côte-Nord, les hommes souffrent plus d’embonpoint et d’obésité que les femmes.

Sur la Côte-Nord, les hommes souffrent plus d’embonpoint et d’obésité que les femmes.

Baie-Comeau – L’obésité gagne du terrain au Québec, mais encore plus sur la Côte-Nord. Malgré les nombreuses campagnes de promotion des saines habitudes de vie, les Nord-Côtiers sont de plus en plus gros. Ils sont même parmi les plus gros à la grandeur de la province.

Le taux de personnes obèses a bondi de 4,1 % entre 2008 et 2014-2015 et atteint maintenant le cap des 25 % de la population de la Côte-Nord, selon l’Enquête sur la santé des Québécois réalisée par l’Institut de la statistique du Québec. À titre d’exemple, ce taux est de 23,8 % dans la région du Nord-du-Québec, qui arrive au deuxième rang.

Les Québécois en général ont gagné en lourdeur pendant cette période. Le taux d’obésité, calculé selon un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, est passé de 15,6 % à 18,8 %. Du côté des personnes en situation d’embonpoint, soit un IMC se situant entre 25 et 30, le taux provincial est demeuré stable à 34,9 % tandis que celui des Nord-Côtiers augmentait de 36,6 % à 38,3 %.

Directeur de la santé publique de la Côte-Nord, le Dr Stéphane Trépanier accueille ces résultats sans trop de surprise, mais avoue qu’il aurait évidemment souhaité une amélioration. « Si on n’avait pas fait les interventions qu’on a faites, la situation serait pire », indique-t-il après avoir été questionné sur l’aspect décourageant du portrait.

« C’est sûr qu’on a quand même la satisfaction de faire ce qu’il faut, mais les résultats ne suivent pas, autant pour nous que pour le reste de l’Amérique du Nord », ajoute-t-il, rappelant que le surplus de poids augmente les risques de développer certains problèmes de santé comme le diabète, les maladies du cœur et le cancer.

Fait à noter, l’obésité des Nord-Côtiers varie énormément d’un secteur à un autre de la région. Ainsi, pendant que le taux se situe aux environs de 23 % dans la Manicouagan et en Minganie, il atteint 44 % en Basse-Côte-Nord.

Pourquoi?

Mais pourquoi la Côte-Nord est-elle confrontée à des problèmes de surpoids pires qu’ailleurs, et ce, depuis de nombreuses années? Selon le Dr Trépanier, les grandes distances à parcourir pour aller à l’épicerie, à titre d’exemple, doivent être tenues en compte. Dans les régions plus urbaines, les gens marchent davantage au quotidien, que ce soit pour leurs emplettes de proximité ou encore pour se rendre d’un arrêt d’autobus à un autre arrêt d’autobus ou à une station de métro. « Dans la région, on utilise plus l’auto », fait-il remarquer.

La montée du taux d’obésité chez nous comme ailleurs, le médecin l’explique aussi par la difficulté des gens à trouver du temps pour cuisiner ou pour être actif. La vie va vite et les repas achetés sur le pouce, qui sont généralement plus gras et plus salés, sont souvent la solution retenue. Selon lui, la difficulté plus grande de faire du jardinage ou encore d’avoir accès à des aliments frais est une autre contrainte à une saine alimentation.

Pire chez les hommes

L’obésité et l’embonpoint sont pires chez les hommes que les femmes dans l’ensemble du Québec. L’écart entre les deux sexes est plutôt faible chez les Nord-Côtiers obèses (25,9 % contre 24,1 %), mais il se creuse pour ceux qui font de l’embonpoint. Pas moins de 45,5 % des hommes sont directement concernés contrairement à 30,6 % des femmes.

Le directeur de la santé publique croit que la notion de norme sociale pourrait expliquer la situation. « Au niveau des femmes, la minceur est beaucoup vendue », rappelle-t-il. La consommation de fruits et de légumes demeure aussi plus populaire chez les femmes que les hommes. Le médecin parle d’une bonne différence.

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