Le pont prend toute la place aux audiences du BAPE

Par 12:00 AM - 16 Décembre 2016
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Directeur du développement et des relations avec le milieu à la Société d’expansion de Baie-Comeau, Paul Joncas était l’un des nombreux intervenants qui ont plaidé en faveur d’un pont sur le Saguenay, lors de la seconde partie des audiences du BAPE sur le projet de duc-d’Albe de la STQ à Tadoussac.

Directeur du développement et des relations avec le milieu à la Société d’expansion de Baie-Comeau, Paul Joncas était l’un des nombreux intervenants qui ont plaidé en faveur d’un pont sur le Saguenay, lors de la seconde partie des audiences du BAPE sur le projet de duc-d’Albe de la STQ à Tadoussac.

Tadoussac – La seconde partie de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de construction d’un duc-d’Albe au quai garage de Tadoussac a donné lieu à des discours concordants dans l’ensemble. Dans la vingtaine d’intervenants qui sont passés à tour de rôle devant la commission, chargée d’entendre l’opinion et les suggestions du public, le duc-d’Albe n’était que prétexte, dans la majorité des cas, pour remettre sur le tapis le projet d’un pont sur le Saguenay.

Outre les données plus techniques présentées par l’architecte Pierre Brisset, les allocutions et mémoires des maires, représentants de la MRC, représentants socio-économiques et industriels abondent tous dans le même sens: le pont est une nécessité pour la pérennité de la Côte-Nord et la sécurité des utilisateurs de la route 138.

L’architecte Brisset, montage visuel à l’appui, a voulu faire la preuve qu’il est possible de construire un pont à des coûts raisonnables (entre 250 et 300 M$ par des soumissions à l’international) et plus en retrait afin de préserver le cachet de Tadoussac. À long terme selon Pierre Brisset, un pont permettrait au gouvernement d’économiser 25 M$ par an par rapport au maintien des traversiers.

Le maire de St-Siméon, Sylvain Tremblay, a mentionné qu’il n’entretenait plus d’espoirs de la part du gouvernement pour la construction d’un pont. L’élu de Charlevoix préconise une concertation d’envergure des municipalités et MRC. « Je propose que les municipalités et les MRC qui longent la route 138, financent, avec l’aide de la Caisse de dépôt du Québec, l’infrastructure (ou même le privé) », a-t-il laissé entendre.

En très forte présence, la délégation de Sacré-Cœur a parlé d’une seule voix, enjoignant les commissaire du BAPE d’oublier le duc-d’Albe, de ne pas affecter les nouveaux traversiers qui ont été commandés et de mentionner au gouvernement du Québec que la construction d’un pont s’avère la seule et unique solution pouvant résoudre toutes les problématiques rattachées au développement durable de la Côte-Nord.

Une consultation publique

Pierre Breton, vice-président de la Société du pont sur le Saguenay, a proposé qu’on invite les gens à se prononcer pour ou contre la construction d’un pont via une vaste consultation. « C’est difficile d’accepter qu’un ministre nomme une commission pour un poteau [le duc-d’Albe] sans se préoccuper de le faire pour faire construire de nouveaux traversiers », a-t-il mentionné.

Claire Gagné, propriétaire de l’Auberge Maison Gagné, a de son côté partagé son impatience quant au dossier du réaménagement de la route, à l’étude depuis 2009. « Comment nos élus peuvent-ils laisser de petites familles inconscientes du danger demeurées stationnées au bas d’une pente de 10 % sur deux kilomètres avec des mastodontes chargés qui doivent eux aussi s’immobiliser derrière eux dans les mêmes conditions. C’est pourquoi la construction d’un bassin de rétention est nécessaire afin de les placer en retrait et hors de tout danger», a clamé Mme Gagné, qui se dit même prête à relocaliser son entreprise.

L’audience s’est poursuivie le lendemain alors que deux intervenants se sont prononcés en faveur de la construction d’un duc-d’Albe au quai de Tadoussac afin d’assurer la pérennité du service de traversiers entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac. Le maire de la municipalité de Tadoussac, Hugues Tremblay, maintient toujours sa position, mais espère avoir une route plus sécuritaire à Tadoussac. « Nous désirons réitérer notre appui au projet en vue d’accueillir les futurs traversiers afin de maintenir et bonifier les services actuels », déclare-t-il.

Quelques jours dans l’année

Pour sa part, Guy Therrien, un citoyen de Tadoussac, s’est prononcé en désaccord avec la plupart des intervenants en mentionnant que les problématiques relevées ne se produisent pas à chaque jour tout au long de l’année. Ce dernier affirme que lorsqu’on parle de trafic, de syndrome de la traverse ou d’achalandage, cela reflète seulement la situation vécue quelques jours dans une année. La Corporation Véloroute des Baleines, quant à elle, désire simplement s’assurer que les travaux de construction d’un duc-d’Albe vont demeurer sécuritaires pour les usagers de la véloroute.

Toutefois, six des huit personnes qui ont présenté un mémoire le mercredi matin demandent fermement d’abandonner la construction d’un duc-d’Albe. La municipalité des Escoumins ainsi que celle de Bergeronnes se sont exprimées sur le sujet. Selon André Desrosiers, maire des Escoumins, « l’élément-clé permettant de contrer les inconvénients et d’assurer une qualité de vie à la population demeure la construction d’un pont sur le Saguenay ».

Dans le même sens, son collègue Francis Bouchard, accompagné de Joëlle Pierre, agente de développement de la municipalité de Bergeronnes, ne croit pas que ceci améliorera la situation économique, sociale, touristique et environnementale. Paul Joncas, directeur de la Société d’expansion de Baie-Comeau, abondait dans le même sens en s’opposant à son tour au projet de construction du duc-d’Albe au coût de 1 M$, tel qu’envisagé par la Sociét des traversiers du Québec (STQ) afin de pouvoir amarrer pour la nuit ses deux futurs traversiers.

En de nombreuses occasions, le président de la commission d’enquête, Michel Germain, a répété que l’évaluation de la pertinence d’un pont n’était pas dans le mandat qui était dévolu à la commission, mais qu’il « allait tenter de porter l’essentiel de leur message jusqu’au ministre ».

Le rapport du BAPE sera remis au plus tard le 6 mars 2017 au ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel. Ce dernier disposera par la suite de 60 jours pour rendre le rapport public.

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