Le phare de Pointe-des-Monts subit la colère de dame Nature

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 20 janvier 2017
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Connu sous le nom de pigeonnier, le petit bâtiment où est offerte la projection vidéo précédant la visite du phare a été déplacé sous la force des vagues. Il est une perte totale. Photos France Caron.

Connu sous le nom de pigeonnier, le petit bâtiment où est offerte la projection vidéo précédant la visite du phare a été déplacé sous la force des vagues. Il est une perte totale. Photos France Caron.

Baie-Comeau – La tempête du 30 décembre et les vagues déferlantes qui ont frappé le littoral de la Manicouagan ont causé des dommages importants au site historique du phare de Pointe-des-Monts à Baie-Trinité. Et, ô surprise, sa gestionnaire a appris, à la fin de la semaine dernière, que les biens appartenant à la corporation n’étaient pas couverts par l’assureur.

 

Dame Nature a fait des siennes à la fin de 2016. La fameuse tempête a laissé des traces sur le site, qui attire bon an mal an quelques milliers de visiteurs en été.

Le phare lui-même et la maison du gardien ont été épargnés. Par contre, le pigeonnier, un bâtiment utilisé pour une présentation vidéo historique précédant la visite de la tour elle-même, « a été déplacé d’une couple de pieds », explique la gestionnaire du site, France Caron. La force des vagues a aussi causé des brèches dans les quatre murs du bâtiment.

La passerelle permettant aux visiteurs de déambuler de façon sécuritaire sur les rochers a été arrachée. Elle est allée choir sur la galerie de la maison du gardien, causant des bris au passage.

Bâtiments et équipements

Du côté du bâtiment lourdement endommagé, la corporation n’a pas à s’en faire. Il est propriété de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et sera reconstruit. « J’ai contacté la SODEC et ils en font un dossier prioritaire. “C’est sur le dessus de la pile”, c’est ce qu’ils m’ont dit », souligne la porte-parole.

Par contre, en ce qui touche ce qui se trouvait à l’intérieur du pigeonnier, notamment une voiturette de golf, c’est une autre paire de manches puisque les équipements appartiennent à la corporation. Le petit véhicule sert au transport des personnes à mobilité réduite. Six batteries venaient d’ailleurs d’être achetées et se trouvaient dans le bâtiment détruit.

France Caron croyait bien que ces équipements étaient assurés, mais elle a appris le contraire vendredi. « On ne sait pas ce qu’on va faire. Pour le moment, on a barricadé le bâtiment et on va évaluer tout ça au printemps », indique-t-elle en rappelant que la corporation est un organisme à but non lucratif qui n’a déjà pas la vie facile.

Heureusement, les équipements multimédias ne se trouvaient pas à l’intérieur du pigeonnier puisqu’en hiver, ils sont entreposés dans la maison du gardien, où l’une des pièces est chauffée. Comme il est probable que le pigeonnier ne pourra être reconstruit à temps pour l’ouverture de la saison des visites, le 15 juin, une solution de rechange a déjà été trouvée pour la projection vidéo. Elle sera temporairement présentée dans un entrepôt situé derrière la maison du gardien.

À la grande joie de France Caron, plusieurs personnes ont déjà manifesté leur intention de participer à une corvée de nettoyage du site au printemps. La tempête de la fin décembre a laissé sur place plusieurs débris.

Aide financière et étude

Baie-Trinité fait partie des 16 nouvelles municipalités de l’est du Québec admissibles au Programme général d’aide financière lors de sinistres réels ou imminents. Le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, l’a confirmé la semaine dernière lors de son passage en Gaspésie. Ce programme vient en aide aux municipalités, à leurs citoyens et à leurs entreprises.

Dans un autre ordre d’idées, Québec a annoncé, vendredi, l’octroi d’un contrat de 3,5 M$ à l’Université du Québec à Rimouski pour aider les municipalités à faire face à l’érosion côtière. L’argent est puisé dans le Fonds vert, où sont versés les revenus générés par les ventes aux enchères du marché du carbone.

Une vaste étude de vulnérabilité à l’érosion sera réalisée dans 88 localités côtières de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Elle permettra d’analyser différentes options d’adaptation afin de rendre les communautés moins vulnérables tout en développant des outils pour la planification d’aménagement et de protection du littoral.

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