Le retour en popularité du tricot

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 25 mars 2017
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Baie-Comeau – Le tricot est de retour. Il s’impose comme l’une des tendances de l’heure. Une maille après l’autre, les rangs s’additionnent et les projets prennent forme. Sans jamais être totalement disparu, cet art connait cependant un incroyable engouement depuis quelques années au Québec et la folie gagne Baie-Comeau, particulièrement depuis l’automne dernier.

Propriétaire de l’atelier-boutique Passion & Création N. B., Nathalie Boulianne se réjouit de ce retour aux sources en quelque sorte. Sa laine, qui se décline dans d’innombrables variétés et couleurs, est de plus en plus recherchée, preuve que le monde tricote.

En mars, les femmes (car ce sont surtout des femmes qui tricotent) mettent généralement leurs aiguilles et leurs balles de laine de côté avant de les ressortir l’automne venu, mais cette année, non! Les clientes continuent de se ruer sur le seul commerce spécialisé en laine et en tissu de Baie-Comeau pour s’approvisionner ou pour obtenir quelques conseils.

« D’habitude, ça tombe tranquille à ce temps-ci de l’année, mais je n’ai pas vu de baisse. Ça tricote pareil, même si le beau temps s’en vient », affirme la femme d’affaires, qui ne s’en plaint évidemment pas.

Une thérapie

Longtemps associée à une activité d’une autre époque, la pratique du tricot s’impose aujourd’hui comme un passe-temps rempli de bénéfices qui vont bien au-delà de l’œuvre finale qui en résultera. Avec le rythme effréné dans lequel nous évoluons, le tricot devient une sorte de thérapie qui permet de décompresser. Exit le stress et bienvenue la zénitude!

« Quand tu tricotes, tu ne penses pas à d’autre chose. Tu tricotes, tu es à ton projet, tu lis ton patron. Certaines tricotent en écoutant la télévision, c’est un beau mix », reconnait Nathalie Boulianne.

Aujourd’hui, les tricoteuses ont rajeuni. Même si pour certaines personnes, tricot et vieilles grand-mères continuent d’aller de pair, les adeptes d’aujourd’hui sont beaucoup de jeunes grand-mères ou même de jeunes mamans. Les 25-40 ans découvrent avec ravissement cette pratique.

« Vu que c’est zen, c’est un antistress et c’est tendance, même les jeunes femmes se mettent à ça », ajoute celle qui a commencé à tricoter à l’âge de 15 ans. Elle compte sur une employée pro du tricot pour offrir toute une gamme de cours aux néophytes et à celles qui veulent perfectionner leur talent.

De la nécessité au plaisir

À l’époque, les femmes tricotaient par nécessité et par souci d’économie. Comme leurs hommes devaient avoir les pieds au chaud pour partir sur les chantiers l’automne venu, les femmes tricotaient des bas en laine d’habitant (une laine rude). « C’était par obligation. Je ne pense pas que grand-maman, ça y tentait de faire 15 paires de bas. Dans le temps, c’était plus cher d’acheter au magasin », explique Nathalie Boulianne.

En 2017, on ne tricote plus pour économiser. « Je ne bois pas, je ne fume pas, mais je tricote », a d’ailleurs déjà lancé une cliente à Nathalie Boulianne. On tricote parce que ça fait du bien, ça rend fière et ça fait plaisir aux proches qui se font gâter.

Aujourd’hui, si les bas gardent quand même la cote, il n’en reste pas moins que l’éventail des projets de tricot à réaliser est impressionnant. Ils vont des plus simples aux plus complexes. Internet est une mine d’or de découvertes.

Reste que les accessoires, tels les foulards, les mitaines et les chapeaux, demeurent très populaires. Il y a aussi les nids d’ange, ces petites enveloppes pour bébés naissants, qui sont en vogue. « Il y a beaucoup de nids d’ange couleur bas de laine. Ces derniers mois, j’ai beaucoup commandé de rouge et de gris et des pompons (à la mode pour les chapeaux) », note la commerçante.

Un début à tout

La débutante choisira souvent de tricoter un foulard. Une fois terminé, elle passera à une autre étape en l’assortissant à un chapeau de son cru là aussi. Plus grosse sera la laine, plus grosses seront les aiguilles et plus rapide sera le travail.

Pour tester son attrait pour le tricot, nul besoin d’investir une fortune. Deux balles de laine et une paire d’aiguilles couteront autour de 25 $ et permettront de vérifier si cette activité est faite pour nous.

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