Hydro-Québec retient un tracé de 126 km sur la Côte-Nord

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 09 juin 2017
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Baie-Comeau – Hydro-Québec a fait son nid : le tracé retenu sur la Côte-Nord de la nouvelle ligne à 735 kilovolts (kV) Micoua-Saguenay couvrira 126 kilomètres. Une portion de 26 km longera la ligne existante tandis qu’une autre de 100 km s’en éloignera afin de contourner deux secteurs très prisés par les Innus et les villégiateurs, soit la réserve de biodiversité projetée du brûlis du lac Frégate et le réservoir Pipmuacan.

« Oui, c’est sûr que ça aurait été idéal de longer les lignes existantes », souligne Martine Lapierre, conseillère – Relations avec le milieu chez Hydro-Québec. Le tracé retenu, dont une portion de 39 km se trouve sur le territoire de la MRC de Manicouagan et le reste sur celui de la MRC de la Haute-Côte-Nord, tient compte des milieux naturel et humain, des contraintes techniques, des aspects économiques et des préoccupations du milieu.

En plus de permettre de maintenir la fiabilité du réseau de transport, cette sixième ligne à haute tension viendra renforcer le corridor Manic-Québec. Sa construction s’impose par l’augmentation de la quantité d’énergie transportée vers les grands centres en raison de la diminution de la consommation d’énergie sur la Côte-Nord depuis 2011, due notamment au recul des activités industrielles.

La fermeture de centrales thermiques et nucléaire dans le sud du Québec n’est également pas étrangère à ce projet dont les investissements requis devraient osciller entre 600 et 650 M$.

Multiples rencontres

Avant de confirmer le tracé retenu en sol nord-côtier de cette ligne qui couvrira 260 km entre le poste Micoua et le poste Saguenay, Hydro-Québec a multiplié les rencontres avec des représentants de municipalités, de MRC, de pourvoiries et de ZEC, en plus de discuter avec plusieurs villégiateurs installés dans un secteur d’un kilomètre de part et d’autre du tracé.

« Il y a quelques villégiateurs avec lesquels on est toujours en discussions », note Martine Lapierre. Même si un tracé est retenu, la société d’État poursuit les échanges avec certaines personnes afin d’essayer de répondre le plus possible à leurs préoccupations concernant notamment l’ouverture d’un nouveau territoire sur 100 km, l’impact sur la villégiature, la chasse et la pêche ainsi que l’utilisation et l’entretien des chemins d’accès.

« On essaie de ne pas approcher en bas de 500 mètres (de l’emprise de la ligne). Sur notre tracé de ligne, deux chalets sont touchés. On regarde les meilleures options pour eux », assure la porte-parole. Dans les faits, les bâtiments se trouvent dans l’emprise, dont un à la limite.

L’échéancier

Hydro-Québec poursuivra les études en vue du dépôt de son étude d’impact sur l’environnement au cours de l’année 2018. Le déboisement et la construction devraient s’amorcer à l’automne 2019 et se poursuivre jusqu’à la mise en service prévue en 2022.

La construction de lignes de transport est un domaine ultra-spécialisé desservi par une poignée d’entreprises au Québec. Les retombées économiques régionales des travaux réalisés en sous-traitance sont évaluées à 15 % de la valeur du projet.

Précisons aussi que les MRC de Manicouagan et de la Haute- Côte-Nord profiteront du Programme de mise en valeur intégrée d’Hydro-Québec, qui appuiera financièrement des projets déposés par des organismes admissibles jusqu’à une valeur représentant 1 % de la nouvelle ligne de transport.

 

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