Place La Salle fait maison nette des goélands

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Par Charlotte Paquet
Place La Salle fait maison nette des goélands
David Fortin, de la firme Arbo-Phyto Environnement, a fait la collecte d'oeufs et de nids de goélands sur des toits de Place La Salle de la mi-mai à la fin de juillet.

Baie-Comeau – Pour la première fois depuis bien des années, les goélands ne sont plus une nuisance sur Place La Salle. La responsabilisation de chaque commerçant et une réglementation municipale avec plus de mordant ont eu un effet bénéfique.

« Cette année, c’est merveilleux. Il y a une grosse amélioration et tout le monde a mis du sien. Je dirais que ça s’est amélioré de 90 % », souligne, tout heureux, Sylvain Carrier, le propriétaire du Manoir du café.

L’an dernier, après seulement quelques semaines, M. Carrier démantelait sa magnifique terrasse, harassé par les rejets des volatiles sur le mobilier et les clients. Des assiettes à refaire en raison de déjections blanches ou encore des gens qui en recevaient directement sur eux, pour le propriétaire, c’était plus qu’assez.

Or, 2017 n’a aucune commune mesure avec 2016 et les années précédentes. Selon l’homme d’affaires, les goélands posaient problème dans le centre-ville depuis une dizaine d’années. Tous les ans, c’était la même chose.

Un centre-ville propre

« Tu as juste à regarder à terre ou sur les murs et il n’y a plus rien ou presque. Avant, c’était l’enfer », évoque M. Carrier. Même les véhicules stationnés ici et là au centre-ville subissaient les foudres des oiseaux. À tel point que certains clients n’osaient même plus s’aventurer dans le secteur.

Malgré tout, le Manoir du café n’a pas réinstallé sa terrasse. Tout comme il l’avait fait après le démantèlement de juillet 2016, son propriétaire se contente de quelques tables mises à la disposition de sa clientèle à proximité de la façade du commerce.

Du côté du pub de la microbrasserie St-Pancrace, même son de cloche. En un an, la situation s’est grandement améliorée. « Pour nous, l’amélioration est énorme. Cette année, ça n’a absolument rien à voir avec l’année dernière », assure le copropriétaire Pierre-Antoine Morin.

On se souviendra qu’en 2016, les parasols de la terrasse de la St-Pancrace avaient été déployés la plupart du temps. Soleil ou non, ils demeuraient ouverts pour protéger les clients des fientes.

Du mordant

On se souviendra que la Ville de Baie-Comeau a décidé, en avril, d’ajouter du mordant à sa réglementation afin d’inciter les propriétaires d’immeubles à se responsabiliser. Elle a modifié son règlement lié aux animaux de façon à élargir la définition de nuisances.

Le règlement interdit dorénavant de tolérer la présence de nids et d’œufs d’oiseaux sur la toiture d’un bâtiment. Tous les moyens nécessaires doivent être pris pour contrôler leur présence et voir à leur élimination.

La ville, qui a travaillé en collaboration avec la Chambre de commerce de Manicouagan et la Société d’expansion de Baie-Comeau dans ce dossier, a d’ailleurs prêché par l’exemple. Elle a mandaté une firme locale spécialisée, Arbo-Phyto Environnement, pour le contrôle de huit de ses édifices municipaux, la plupart situés sur Place La Salle et dans les environs. Six visites de toitures ont été effectuées, soit une aux deux semaines.

Des commerçants suivent

Avec en main les permis nécessaires au contrôle des goélands émis par le Service canadien de la faune, David Fortin, propriétaire d’Arbo-Phyto Environnement, a commencé la récolte d’œufs et de nids à la mi-mai pour le compte de la municipalité.

Près d’une dizaine de commerçants de Place La Salle ont aussi fait appel à ses services, notamment Accent Meubles, Spin sports & plein air et Émersion – Service-conseil en emploi. « Ç’a fait boule de neige. Ça m’a permis d’avoir un stagiaire du cégep de Baie-Comeau », souligne, ravi, le chasseur d’œufs et de nids de goélands.

« J’ai fait mes six visites aux intervalles de deux semaines pour passer le message aux oiseaux que ce n’est pas des bonnes places pour nicher », explique le professionnel en faisant référence aux toitures.

Les goélands à becs cerclés et les goélands argentés ont été dans sa mire. « Les goélands marins, on ne touche pas à ça. Les petites mouettes non plus », dit-il.

À chacune des trois premières visites de toitures qu’il a faites sur Place La Salle, M. Fortin a récolté globalement une soixantaine d’œufs et de 20 à 30 nids. Dans la deuxième moitié de son mandat, les nuisances ont diminué.

« On crée un vide. En contrôlant tout le centre-ville, ça donne un bon signal aux oiseaux que ce n’est pas une bonne idée de nicher là. Dans le fond, ce sont les humains qui ont créé un habitat extraordinaire pour eux avec des toitures chauffées, des toits plats et une vue sur les poubelles au loin », conclut le professionnel.

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