Cette fois, c’est la gestion des réservoirs – Pessamit est encore en furie contre Hydro-Québec

Par Steeve Paradis 12:00 AM - 15 novembre 2017
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Pour le conseil des Innus de Pessamit, la gestion du réservoir de la centrale Bersimis-2 (photo) est la source des dégâts sur la rivière Betsiamites. Photo courtoisie

Pour le conseil des Innus de Pessamit, la gestion du réservoir de la centrale Bersimis-2 (photo) est la source des dégâts sur la rivière Betsiamites. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Pour le Conseil des Innus de Pessamit, la gestion que fait Hydro-Québec de ses réservoirs dans la Manicouagan représente une « catastrophe planifiée » et n’achète pas les explications de la société d’État, qui parle plutôt d’une situation exceptionnelle en raison des trombes d’eau qui se sont abattues sur la région.

Selon la communauté autochtone, les déversements dans la rivière Betsiamites dans les derniers jours ont provoqué « une véritable catastrophe environnementale » sur une longueur de 70 kilomètres, causant ainsi des dommages aux frayères des saumons et à certaines propriétés, dont le site Unikamit de l’entreprise Mashkuss Aventures (voir texte page 5).

D’après les Innus, ce ne sont pas les fortes pluies des derniers jours qui ont provoqué cette situation, mais le fait qu’Hydro-Québec maintiendrait le niveau d’eau de ses réservoirs le plus élevé possible, au détriment du principe de précaution.

« S’il est vrai que les précipitations pendant (la période du 25 au 31 octobre) ont été supérieures à la moyenne, celles pour l’ensemble de l’été et l’automne 2017 ont été de beaucoup inférieurs à la moyenne. Il n’a pratiquement pas plu sur la Côte-Nord. Alors pourquoi les réservoirs d’Hydro-Québec étaient-ils pleins au point de déborder après seulement sept jours de pluie? », se demande le chef de Pessamit, René Simon.

Sortie de son lit

Dans le communiqué du conseil des Innus, le chef Simon poursuit en affirmant que la Betsiamites est sortie de son lit « en empiétant le milieu forestier composé d’arbres centenaires n’ayant jamais été inondés auparavant ».

Des arbres entiers ont été emportés par la crue et des berges argileuses ont aussi subi des dégâts, ajoute-t-il.

« On a géré nos réservoirs pour la pointe hivernale comme on le fait à chaque année », a rétorqué la porte-parole d’Hydro-Québec au dossier, Cathy Hamel. « C’étaient vraiment des crues exceptionnelles. Il est tombé de quatre à six fois plus d’eau que la normale sur une période de sept jours », a-t-elle ajouté.

Un peu plus d’eau

Cette gestion de la pointe hivernale implique qu’il y a « un peu plus d’eau » derrière les barrages, convient Mme Hamel, qui assure qu’il n’y a là rien qui sorte de l’ordinaire.

Pour le chef Simon, si la société d’État maintient le niveau de ses réservoirs des centrales Bersimis-1 et Bersimis-2 le plus haut possible, c’est parce qu’elle s’est engagée avec de potentiels clients de la Nouvelle-Angleterre « à augmenter ses réserves au-delà des besoins du Québec (…) de façon à accroitre la capacité de turbinage en cas de besoin ».

Cette explication est évidemment réfutée par Cathy Hamel, qui indique au passage qu’il est tombé 108 millimètres de pluie en sept jours dans le secteur de la rivière Betsiamites.

On se rappellera que les pluies abondantes des dernières semaines ont entrainé du jamais-vu, comme l’ouverture des vannes à Manic-5, une première dans l’histoire de cette infrastructure.

En fait, toutes les installations de production d’électricité de la société d’État dans la Manicouagan ont ouvert leurs vannes dernièrement, soit Bersimis-1 et 2, Outardes-2, 3 et 4, Manic-1, 2, 3 et 5, Toulnustouc et Hart-Jaune.

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