Le rêve englouti de Mashkuss Aventures

Par Steeve Paradis 12:00 AM - 15 novembre 2017
Temps de lecture :
Kim Picard et Jean-Luc Kanapé, propriétaires de Mashkuss Aventures, voient présentement leur rêve englouti sous les eaux de la rivière Betsiamites. Photos courtoisie

Kim Picard et Jean-Luc Kanapé, propriétaires de Mashkuss Aventures, voient présentement leur rêve englouti sous les eaux de la rivière Betsiamites. Photos courtoisie

Pessamit – Les crues évacuées des réservoirs d’Hydro-Québec dans les derniers jours n’ont pas seulement donné des images spectaculaires. Elles ont aussi provoqué des dommages, comme au site touristique Mashkuss Aventures sur la rivière Betsiamites, englouti sous près de deux mètres d’eau.

« De l’eau comme ça, je n’ai jamais vu ça, même lors du déluge de 1996 », lance, un peu découragé, le copropriétaire de l’entreprise, Jean-Luc Kanapé.

« Pourtant, je viens ici depuis plus de 20 ans, je navigue la rivière depuis l’âge de 14 ans. J’ai déjà vu des (débits de) 500 mètres cubesseconde, mais là, au plus fort des déversements, c’était 1 079 mètres cubesseconde. Ça n’a pas de bon sens», ajoute-t-il.

Le site Unikamit de Mashkuss Aventures est submergé depuis une dizaine de jours et au moment d’écrire ces lignes, M. Kanapé ne savait toujours pas dans quel état il retrouvera les infrastructures, dont le campement du personnel, la cuisine du site ainsi que tentes, tipis et shaputuan destinés à la clientèle, mais il craignait le pire.

« Si on voit que c’est trop lourd comme dommages, je pense bien que l’aventure va s’arrêter là. On a quand même sept bateaux à payer dans la cour », indique-t-il.

Pas d’assurances

Comme un malheur frappe rarement seul, l’homme d’affaires confie que son entreprise n’était pas assurée. Ce n’est toutefois pas une négligence de sa part.

« On a tout le temps essayé de se faire assurer, mais il n’y a personne qui a voulu assurer une entreprise autochtone comme la nôtre, explique-t-il. Si ça avait passé au feu, on se serait dit que c’est normal, que ça arrive en forêt, mais là, c’est pas normal d’être inondé. »

Tout comme les autorités du conseil de bande de Pessamit, Jean-Luc Kanapé s’interroge sur la gestion des réservoirs d’Hydro-Québec, particulièrement celui de la rivière Betsiamites, qui ne débordait pourtant pas l’été dernier selon lui.

« Les barrages n’ont pas turbiné d’eau de l’été, il n’y a pas eu de pluie. On avait parfois de la difficulté à monter nos clients jusqu’à notre site parce qu’il n’y avait pas assez d’eau pour notre gros bateau », signale-t-il en conclusion.

Un très fort débit

Chez Hydro-Québec, on convient que le débit a été très élevé sur cette rivière, même plus que ce qu’estimait M. Kanapé.

« Le plus haut débit journalier observé a été enregistré le 31 octobre, avec 1 250 mètres cubessecondes, ce qui comprend autant l’eau déversée que turbinée », a indiqué Cathy Hamel, conseillère en relations avec le milieu chez Hydro-Québec région Manicouagan. Le plus haut débit journalier précédent sur la rivière Betsiamites remontait à 1979, avec 1 168 mètres cubesseconde.

Pour ce qui est des dégâts que ces crues auraient causé, chez Mashkuss Aventures comme ailleurs, Mme Hamel invite les gens à adresser leurs doléances au service des plaintes et réclamations d’Hydro-Québec.

Partager cet article