Accident de travail mortel chez DCN : la CNESST livre ses conclusions

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 05 avril 2018
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Voici une photo de la scène du tragique accident de travail qui a coûté la vie à Rémi Bourque, en août 2017. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Le chauffeur-livreur de l’entreprise Distribution Côte-Nord (DCN), Rémi Bourque, est décédé après avoir été écrasé entre les pare-chocs de deux camions à la suite d’une manœuvre de recul de l’un deux, conclut la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans le rapport d’enquête qu’elle vient de dévoiler huit mois après la tragédie.

On se souviendra que la victime, domiciliée à Baie-Comeau, a rendu l’âme après un accident de travail survenu le 8 août 2017. Ce jour-là, M. Bourque procédait à l’inspection visuelle et auditive de son camion de livraison avant de prendre la route pendant qu’un chauffeur de l’entreprise Distribution Gilles Bérubé reculait son propre camion de façon à transborder une partie de la marchandise d’un véhicule à un autre, indique la CNESST en dressant la chronologie de l’accident.

À un moment donné, le camionneur en question est descendu afin de vérifier si tout était correct, mais après avoir constaté que la distance entre les deux camions était trop grande pour permettre le transbordement, il a repris le volant pour reculer davantage, tout en croyant M. Bourque dans sa cabine, selon le rapport.

C’est alors que l’irréparable s’est produit. La victime s’est retrouvée coincée au niveau du thorax entre les pare-chocs des deux véhicules. Son décès a été constaté à l’hôpital.

Fini le dos à dos

À la suite de l’accident, la CNESST a interdit à Distribution Côte-Nord ainsi qu’à Distribution Gilles Bérubé toute manœuvre destinée à permettre le transbordement de marchandises d’un camion à un autre en position dos à dos. L’employeur de M. Bourque a également dû élaborer une méthode de travail sécuritaire interdisant notamment la présence de travailleur près de la zone de recul délimitée. Les deux entreprises se sont conformées aux exigences de l’organisme.

Pour éviter que ne se reproduise un tel accident, la CNESST recommande de toujours privilégier des manœuvres en marche avant avec un véhicule. Quand c’est impossible et qu’il y a un risque pour la sécurité d’un travailleur se trouvant à proximité, un signaleur doit guider le conducteur. C’est d’ailleurs ce que prévoit l’article 284 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail.

La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à diverses organisations œuvrant dans le transport, notamment à l’Association du camionnage du Québec. Le rapport sera également diffusé dans des établissements offrant des programmes de formation en transport routier, question de sensibiliser les futurs camionneurs.

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