Crustacés Baie-Trinité manque de travailleurs

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 17 avril 2018
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Il n’est pas facile de recruter des travailleurs chez Crustacés Baie-Trinité. Photo archives Le Manic

Baie-Comeau – Les activités de transformation du crabe des neiges sont reprises depuis une semaine chez Crustacés Baie-Trinité, mais le recrutement de la main-d’œuvre, lui, se poursuit difficilement.

« J’ai une centaine d’employés en poste, mais il en manque une vingtaine. On n’est pas capable de remplir », a souligné, jeudi, le directeur de l’usine, René Roussy, qui fait des pieds et des mains pour trouver du personnel. Il dit multiplier ses démarches pour trouver du monde, mais se bute à une pénurie.

L’an dernier, Crustacés Baie-Trinité a embauché 140 travailleurs pendant la saison d’activités, qui s’étend normalement du début avril à la fin juillet ou le début d’août. Cette année, M. Roussy a abaissé ses attentes à 120, en se disant conscient que s’il parvenait à pourvoir tous ces postes, ce serait déjà un succès.

En plus de profiter de toutes les tribunes possibles au Québec pour faire la promotion des emplois à offrir, Crustacés Baie-Trinité a étendu son rayonnement de recrutement du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, où se trouve le siège social de Daley Brothers, entreprise propriétaire de l’usine de transformation de Baie-Trinité.

« On a su qu’il y avait une usine qui avait fermé ses portes », souligne M. Roussy, en souhaitant que les employés qui viennent de perdre leur gagne-pain soient intéressés à travailler dans la petite municipalité de l’est de la Manicouagan.

Si le chiffre magique de 120 n’est pas atteint, des impacts sont à prévoir. « Si on ne comble pas, on a peur de perdre le produit », a souligné le directeur, avant de préciser, cependant, que pour éviter cela, les journées de travail seront prolongées.

Il a d’ailleurs refusé de confirmer la quantité de crabe des neiges qui pourrait être traitée à Baie-Trinité en 2018, laissant entendre qu’il s’agit d’une information sensible que le propriétaire préfère ne pas divulguer.

Un job difficile

Questionné sur les raisons pour lesquelles il est si difficile de recruter, M. Roussy a indiqué qu’il y a des sans-emplois qui ne veulent pas travailler dans une usine de transformation ou qui ne peuvent tout simplement pas le faire.

« Madame, quelqu’un qui est capable de travailler dans une usine de pêche est capable de travailler partout. Travailler les deux pieds dans l’eau, sur le ciment, des journées de temps, c’est pas évident », a précisé le directeur à la représentante du Manic.

Les employés viennent de différentes localités de la Côte-Nord et d’ailleurs au Québec, comme de Sainte-Anne-des-Monts et même de Québec.
Près d’une cinquantaine de personnes sont logées comme pensionnaires dans le village. Un service de transport par covoiturage est également offert à certaines autres.

Fait à noter, des pourparlers sont en cours en vue de l’ajout éventuel de la transformation du homard à celle du crabe des neiges, ce qui aurait notamment l’avantage d’augmenter considérablement le nombre de semaines de travail. Par contre, on en est encore bien loin de la coupe aux lèvres et le directeur de l’usine dit préférer ne pas trop s’étendre sur le sujet pour le moment.

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