Protection des berges à Pointe-aux-Outardes – Un citoyen dénonce le silence radio du gouvernement

Par Steeve Paradis 12:00 AM - 26 juillet 2018
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Jean-Sébastien Fournier veut regarder de l’avant, mais toute l’incertitude en ce qui concerne la protection des berges à Pointe-aux-Outardes l’en empêche. Photo Le Manic

Jean-Sébastien Fournier veut regarder de l’avant, mais toute l’incertitude en ce qui concerne la protection des berges à Pointe-aux-Outardes l’en empêche. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Près d’un mois et demi après avoir fait une sortie publique pour dénoncer la lenteur des autorités dans ce dossier, le comité de citoyens pour des solutions à l’érosion des berges de Pointe-aux-Outardes est toujours dans le néant en ce qui a trait à la protection des berges à l’est de la rue Labrie. C’est le silence radio de la part du gouvernement.

« On a envoyé une lettre au ministre Arcand (Pierre, responsable de la Côte-Nord) le 18 juin, mais on n’a même pas eu d’accusé de réception. C’est à l’image de ce qu’est depuis le début dans ce dossier : il n’y a pas de sérieux », lance le porte-parole du comité, Jean-Sébastien Fournier, que Le Manic est allé rencontrer à sa résidence. Il est propriétaire de l’une des cinq maisons présentement considérées à risque.

Tout comme ses concitoyens de la rue Labrie Est, M. Fournier déplore d’être laissé dans l’incertitude. Bien des propriétés auraient besoin d’investissement ou d’un rafraîchissement, mais pourquoi investir si on ignore si on pourra demeurer au même endroit?

« Ma maison est installée sur des pieux vissés. C’est donc plus facile de la déménager que certaines autres, mais j’aimerais bien mieux demeurer ici et investir pour refaire ma toiture, mon garage et faire construire des fondations pour avoir un sous-sol. Mais je ne peux pas », explique-t-il

Le jeune trentenaire assure qu’on ne lui a jamais dit, il y a 10 ans, que la résidence qu’il achetait se trouvait dans une zone à risque. « J’ai perdu facilement 15 mètres de terrain depuis que je suis arrivé », soutient M. Fournier, qui n’a maintenant plus que 19 mètres entre la maison et le bout de son terrain, avec un dénivelé notable d’une hauteur de 11 mètres au bout du talus.

Comme solution, Jean-Sébastien Fournier dit pencher pour les épis rocheux, une technique qui consiste à créer perpendiculairement à la plage une ligne de roches d’une certaine longueur, ce qui aide naturellement au rechargement en sable par l’effet des vagues et des marées. « L’épi fait la job, il n’y a plus d’érosion sur une bonne distance », assure-t-il, se basant sur l’expérience d’un voisin qui a fait son propre épi.

Projet exagéré

Toutefois, le porte-parole estime que le projet mis de l’avant par Québec, de faire des épis d’une longueur de 333 mètres, un projet qui dépasse les 10 M$, est nettement exagéré. Il va même jusqu’à penser que les coûts pourraient être volontairement gonflés afin de faire dérailler le projet.

« Pourquoi faire des épis rocheux de 333 mètres si celui de 90 mètres fait la job? On présente un projet trop cher et donc, on ne le fait pas », clame M. Fournier. « Si l’objectif dans tout ça, c’est de ne rien faire et de s’entendre un à un avec les résidents pour les dédommager parce que ça coûte moins cher, faisons-le tout de suite au lieu de jouer avec la sécurité des gens », ajoute-t-il. Jean-Sébastien Fournier souhaite en terminant que « les gens comprennent que (ce projet de) protection des berges à Pointe-aux-Outardes s’étend sur deux kilomètres. Ce n’est pas juste pour protéger trois ou quatre personnes, c’est pour protéger le patrimoine du village »

Toutefois, un des écueils à la réalisation du projet a été écarté le 23 juillet, après l’entrevue avec Jean-Sébastien Fournier, le gouvernement annonçant une contribution financière mieux adaptée aux réalités des petites localités pour la prévention de sinistres (voir autre texte). Jusqu’à ce lundi, on demandait à Pointe-aux-Outardes de payer 25 % de la facture, ce qui n’était pas le moindre écueil dans ce dossier. Sur un projet de 10 M$, la municipalité aurait dû casquer 2,5 M$, une somme impensable pour une localité qui dispose d’un budget annuel total de 1,6 M$.

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