Ligne Micoua-Saguenay – Le préfet craint pour les projets énergivores de la région

Par Steeve Paradis 12:00 AM - 06 septembre 2018
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Hydro-Québec compte ériger sa ligne entre le poste Micoua (photo) et le Saguenay à partir de 2019. Photo archives Le Manic

Hydro-Québec compte ériger sa ligne entre le poste Micoua (photo) et le Saguenay à partir de 2019. Photo archives Le Manic

Baie-Comeau – Il ne faut plus compter sur la MRC de Manicouagan pour soutenir le projet de ligne à haute tension entre le poste Micoua d’Hydro-Québec et Saguenay, du moins pour l’instant. La région refuse de voir l’énergie produite ici quitter la région et ce, à son détriment, croit-elle.

Le préfet de la MRC, Marcel Furlong, a décidé de dévoiler publiquement sa position dans ce dossier, car il estime qu’il n’a pu intervenir convenablement auprès de la Régie de l’énergie en raison de délais trop serrés pour consulter tous les promoteurs intéressés à s’installer sur le territoire.

« On voulait faire part à la Régie qu’on ne comprend pas les raisons évoquées par Hydro-Québec pour construire cette ligne. Ils (Hydro) disent qu’il y a moins de consommation sur la Côte-Nord, mais il y a pourtant plein de projets énergivores qui se développent comme Mason Graphite, Les Métaux canadiens, dans la cryptomonnaie et d’autres projets dont on ne peut parler pour l’instant », a lancé M. Furlong.

Rappelons que pour l’instant, Hydro-Québec n’a toujours pas accepté de fournir en énergie les promoteurs de projets de technologie associée à la chaîne de blocs (cryptomonnaie, entre autres). Selon le préfet, la Manicouagan a des projets de cet ordre totalisant au moins 500 mégawatts qui ne peuvent débloquer, faute d’énergie.

Marcel Furlong estime donc que les prévisions d’Hydro-Québec en matière de demandes énergétiques sont « plus que préjudiciables pour la région » et que le développement d’un réseau de transport d’énergie vers le sud de la province va « priver la région de son avantage distinctif en ce qui concerne les coûts de raccordement au réseau pour les industries électro-intensives ».

Le préfet se doute bien que ce projet d’une ligne de 260 kilomètres et évalué autour de 650 M$ ira tout de même de l’avant malgré le désaveu de la MRC. « Ce sera à Hydro-Québec de porter l’odieux de faire un projet sans l’appui de la région », clame-t-il.

Aucune crainte
Du côté de la direction régionale d’Hydro-Québec, on a rapidement parlé au préfet afin de le rassurer sur les véritables intentions de la société d’État dans ce dossier. Priver la région de blocs énergétiques n’en fait pas partie.

« Le fondement premier du projet de ligne, c’est d’assurer la sécurité et la fiabilité du réseau de transport », a affirmé la porte-parole chez Hydro région Manicouagan, Cathy Hamel. « Cette ligne n’empêchera en aucun cas d’accueillir de nouvelles entreprises ou d’assurer l’alimentation des entreprises actuelles. Ça ne nuira en rien à la région », a-t-elle assuré.

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