Un archéologue expertise l’épave des Îlets-Caribou

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Par Charlotte Paquet
Un archéologue expertise l’épave des Îlets-Caribou
Au ministère de la Culture et des Communications, on espère que le moins de curieux possible se rendent sur le site de l’épave afin de réduire les risques de détérioration. Photo Marc Tremblay

Baie-Comeau – Un archéologue spécialisé en archéologie subaquatique de Baie-Comeau, Érik Phaneuf, a réalisé la semaine dernière une expertise sur le site de l’épave retrouvée au début de juillet dans le secteur des Îlets-Caribou à Baie-Trinité. Une fois complété, son rapport déterminera la marche à suivre au sein du ministère de la Culture et des Communications.

« L’objectif de cette expertise consiste notamment à identifier l’épave, à déterminer son état de conservation, à dresser un état de situation et à recommander des actions à prendre à court terme », a souligné Annie LeGruiec, conseillère en communication et porte-parole auprès des médias à la Direction des communications et des affaires publiques du ministère.

Au téléphone vendredi, Mme LeGruiec a confirmé que les observations obtenues du spécialiste permettront d’évaluer la valeur patrimoniale de l’épave et déterminer ainsi les actions à venir.

M. Phaneuf s’est rendu sur place le mercredi 17 juillet. Son rapport est attendu « dans les prochains jours ou les prochaines semaines ».
En matière de préservation d’épaves, le ministère œuvre à assurer leur protection tout en favorisant leur transmission aux générations futures. Or, la meilleure façon de conserver les épaves, insiste Mme LeGruiec, c’est encore de les laisser sur place, dans leur milieu naturel.

Elle espère également que la découverte n’entraîne pas une marée humaine de curieux sur place. « Un nombre important de visiteurs pourrait augmenter les risques de détérioration et compromettre l’intégrité de la découverte », précise-t-elle.

Souvenirs, souvenirs

Pour Marc Tremblay, citoyen de Baie-Trinité et plongeur à l’origine de la découverte de l’épave du Elizabeth and Mary en décembre 1994 dans le secteur de l’Anse-aux-Bouleaux à Baie-Trinité, la découverte des restes d’un autre bateau par Marc Jourdain ramène évidemment des souvenirs.

À ce jour, l’épave du Elizabeth and Mary, un bateau de la flotte de l’amiral Phips de 1690, demeure la plus ancienne jamais découverte au Québec, selon celui qui l’a trouvée.

Pour en revenir à l’épave qui a fait l’objet d’une expertise il y a une semaine, rapidement après l’avoir aperçue, M. Jourdain a contacté M. Tremblay pour savoir quoi faire en pareilles circonstances. « Je lui ai demandé d’enregistrer l’épave au receveur d’épaves, qui relève d’un programme du gouvernement fédéral », raconte le principal concerné, qui s’est aussi rendu sur le site.

L’épave en question serait celle d’un bateau assez vieux puisqu’il n’y a aucune pièce métallique, seulement en bois, note M. Tremblay. Il serait assez gros et ferait environ 30 mètres de long par 10 mètres de large. « Approximativement, c’est ce qu’on peut voir, mais il est probablement plus gros », fait remarquer le Baie-Trinitois, en soulignant que la coque semble assez bien conservée.

L’épave est recouverte d’eau, mais une partie s’est désensablée, souligne celui qui était sur le site lors du passage de l’archéologue.

À identifier

Est-ce que les démarches qui ont cours permettront d’identifier l’épave des Îlets-Caribou? Peut-être, quoiqu’au-delà de 80 bateaux coulés ont été répertoriés sur le territoire s’étendant de Pointe-des-Monts à Pointe-aux-Anglais, un peu plus à l’est de Baie-Trinité. Elles ont été répertoriées, mais pas nécessairement trouvées.

M. Tremblay a interpellé l’archéologue subaquatique de Parcs Canada, Marc-André Bernier, avec lequel il a travaillé dans le dossier du Elizabeth and Mary, pour l’informer de la récente découverte. Il a fait part de ses observations et a envoyé des photos à celui qui se trouve présentement dans l’Arctique.

Même s’il est trop tôt pour identifier le bateau en question, M. Bernier trouve la découverte très intéressante et a une petite idée de son origine, mentionne le citoyen.

Un centre à relancer

Fait à noter, Marc Tremblay espère grandement que la découverte d’une nouvelle épave à Baie-Trinité permette à la municipalité de relancer le Centre national des naufrages du Saint-Laurent, fermé depuis 2015.

On se souviendra que ce centre avait ouvert ses portes dans la foulée de la découverte de l’épave du Elizabeth and Mary. Inauguré en 2004 avec 8 000 visiteurs, il avait accueilli en 2014 les derniers visiteurs à son spectacle multimédia et son exposition d’artefacts, dont le nombre avait chuté à 1 800.

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