Pénurie de main-d’œuvre : le CPQ propose ses solutions

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Par Karine Lachance
Pénurie de main-d’œuvre : le CPQ propose ses solutions

La Côte-Nord compte actuellement sur une population autour de 90 000 personnes. Des chiffres révèlent qu’elle pourrait diminuer de 15%, d’ici 2041, si des mesures ne sont pas mises en place. Le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, propose quelques solutions afin de contrer le manque de main-d’œuvre, dont l’importance de l’immigration.

Le vieillissement de la population sur la Côte-Nord, comme partout ailleurs au Québec, fait en sorte qu’il y a moins de personnes en mesure de travailler que d’individus à la charge de l’État.

« Depuis trois ans, il y a plus de gens qui quittent le travail que de gens qui entrent sur le marché du travail. C’est une réalité qui était prévisible et qui n’ira pas en s’améliorant », mentionne M. Dorval.

Des solutions possibles

La Côte-Nord est la région qui vivrait la plus grande diminution de sa population d’ici 2041. C’est une baisse évaluée à 14,6 %, soit environ 14 000 personnes. Les individus disponibles à l’emploi, soit la tranche d’âge des 20 à 64 ans, diminueraient de 29,2 %. Diverses solutions sont évaluées, dont l’immigration. « L’immigration ce n’est pas la seule solution, mais c’est une nécessité », exprime le chef du CPQ.

Le gouvernement du Québec tiendra, au mois d’août, une commission parlementaire sur la planification de l’immigration pour la période 2020-2022, organisée par le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. M. Dorval sera présent afin de s’assurer que les mesures qui seront mises en place par le gouvernement contribueront à la prospérité économique de l’ensemble du Québec.

La productivité

M. Dorval affirme que les plus gros employeurs des régions veulent participer activement pour trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre. Ils sont conscients que la problématique est systémique et que les fournisseurs autant que les petites entreprises sont en manque de personnel et qu’ils ont besoin d’eux pour assurer la pérennité des milieux de vie.

« Comment peut-on produire plus, avec moins de ressources, en utilisant des nouvelles technologies, des nouveaux procédés et des nouveaux systèmes? », s’interroge le dirigeant.

Le Japon et l’Allemagne ont connu la même situation par le passé, et le Québec serait en retard sur les innovations permettant de produire plus, avec moins de monde.

Une révolution numérique

M. Dorval mentionne que des projets et des stratégies sont mis en place par le gouvernement afin de doter les localités qui ne sont pas desservies par les infrastructures numériques nécessaires.

« Actuellement, il y a beaucoup d’investissements qui sont faits en ce sens. Est-ce que c’est fait sur l’ensemble du territoire? Je ne pense pas car ça ne peut pas être attaqué de façon globale, mais des efforts sont faits en ce sens », fait état M. Dorval.

Le directeur du CPQ ajoute qu’il n’est plus concevable de dispenser l’éducation de la même manière qu’auparavant et que des actions devront être faites rapidement. « On a accès à des outils, des technologies et des moyens qui n’existaient pas avant et qu’on peut mettre en pratique aujourd’hui ».

Yves-Thomas Dorval se désole que les gens réagissent seulement en situation de crise. Il affirme que le problème était prévisible, mais que rien de concret n’a été fait pour diminuer les impacts. « Le problème de la main d’œuvre, on le savait que ça s’en venait, qu’on allait frapper un mur », conclut-il.

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