QcRail : levée de boucliers prématurée, selon Marilène Gill

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Par Charlotte Paquet
QcRail : levée de boucliers prématurée, selon Marilène Gill
Le projet QcRail vise relier les villes de Dolbeau-Mistassini et de Baie-Comeau par un chemin de fer de 370 km. Photo Pixabay

« QcRail, c’est une idée pour le moment. Ils n’ont même pas la connaissance de tout le projet et il y a une levée de boucliers. Je pense qu’il faut laisser la chance au coureur. »

De passage dans les bureaux du journal Le Manic avec son chef Yves-François Blanchet mardi, la députée bloquiste sortante de Manicouagan, Marilène Gill, s’est dite étonnée, à ce stade-ci de la démarche, des réactions virulentes provenant d’élus et d’intervenants de la région voisine au sujet du projet de corridor ferroviaire de 370 km entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau.

Mme Gill considère ces réactions prématurées. À son avis, le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne doit pas se faire en opposition avec la Côte-Nord, bien au contraire. « On est des régions mitoyennes. »

Le projet de lien ferroviaire de 1,6 G$ défendu par Innovation et développement Manicouagan doit permettre le transport de vrac à partir du centre du pays vers le port de Baie-Comeau et les marchés internationaux. La bloquiste le voit comme un outil de développement souhaitable, avec les informations dont elle dispose pour le moment, a-t-elle précisé.

Enjeu environnemental

En réaction aux sorties provenant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le chef du Bloc québécois a pour sa part souligné qu’on ne peut nier l’évidence que le transport ferroviaire est plus respectueux de l’environnement que le transport maritime. « On a des raisons de penser que l’impact environnemental est moindre que de le transporter par voie maritime dans le contexte de la rivière Saguenay », a-t-il précisé.

M. Blanchet n’a pas manqué de souligner que la rivière Saguenay est déjà « dangereusement occupée et naviguée au détriment des écosystèmes alors qu’il existe des solutions ».

« Ce qui passe par le Saguenay se retrouve en avant de Baie-Comeau tôt ou tard. Les enjeux environnementaux sont globaux », a-t-il conclu.

Le maire réagit

Par ailleurs, toujours dans le dossier du projet QcRail, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, s’est réjoui des propos tenus par la ministre déléguée aux Transports, Chantale Rouleau, lors du Colloque sur les administrations portuaires du Canada, à Saguenay, en début de semaine.

Questionnée justement sur l’étude de faisabilité du projet QcRail, pour lequel son gouvernement injecte la moitié des 15 M$ nécessaires, la ministre Rouleau a affirmé qu’il était souhaitable que les régions puissent se développer adéquatement et a confirmé la pertinence de l’étude.

« Je suis satisfait que la ministre ait parlé et soit consciente que QcRail doit faire des études. C’est un projet porteur pour l’économie du Québec et il faut toujours penser que le port de Baie-Comeau peut être un port complémentaire aux autres ports du Québec », a lancé le maire Montigny, en disant souhaiter une complémentarité et non une compétition entre eux.

L’élu assure qu’avec ses collègues maires de la Manicouagan, il discutera du projet de lien ferroviaire dans le cadre de rencontres de l’Union des municipalités du Québec. « QcRail concerne aussi tout le nord, Chibougamau-Chapais, Lebel-sur-Quévillon », a-t-il  noté, en précisant au passage que le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil, appuie le projet.

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