Industrie de la construction : un Innu lance un cri du coeur

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Par Steeve Paradis
Industrie de la construction : un Innu lance un cri du coeur
Olivier Picard souhaite que sa sortie incite ses concitoyens innus à faire respecter leur droit de travailler en paix dans l’industrie de la construction. Photo Facebook

Un citoyen de Pessamit, Olivier Picard, en a gros sur le cœur à propos de plusieurs entrepreneurs du domaine de la construction qui, selon lui, refusent d’embaucher des Innus, même si les travaux en question se déroulent sur le Nitassinan, le territoire ancestral revendiqué de la communauté.

« J’ai travaillé 15 ans dans le monde de la construction, j’ai vécu les hauts et les bas. J’ai surtout vu beaucoup de discrimination, de menaces envers les Innus. C’est en partie pour ça que les entrepreneurs craignent d’embaucher des Innus », lance M. Picard, qui dit faire cette sortie car « l’avenir de nos jeunes me préoccupe ».

Selon ce dernier, l’ouverture de bassin de main-d’œuvre par la Commission de la construction du Québec (CCQ) ne permet pas plus d’embauches de travailleurs des Premières Nations.

« L’ouverture de ces bassins n’offre aucune chance aux Innus d’accéder aux emplois ni même l’opportunité de recevoir une garantie de 150 heures (travaillées). Cette situation se répète d’année en année sans que les chefs des communautés tentent de résoudre ce problème », ajoute-t-il.

Avec le début sous peu des travaux de construction et de réfection du tronçon 0-22 km de la route 389, Olivier Picard croit que l’occasion serait belle pour l’entrepreneur choisi de faire une place importante aux Innus.

Sur le Nitassinan

« La 389, c’est sur notre Nitassinan et les entrepreneurs l’ignorent. Y a des Innus qui travaillent au chantier de la Romaine, mais ils aimeraient ça eux aussi travailler à Baie-Comeau, près de chez eux. Ça va durer quand même quatre ans, ce contrat. On aurait même dû profiter de ce projet pour donner un bout de la route à une entreprise de Pessamit », fait-il valoir,

Le travailleur assure qu’il ne s’agit pas là d’une menace, mais il rappelle au passage que « les entreprises de l’extérieur qui viennent travailler sur la Côte-Nord passent leur machinerie et leurs équipements par la 138, qui se trouve sur notre territoire. Il faut absolument qu’il y ait quelque chose qui nous revienne », a-t-il clamé.

Du côté du bureau régional du ministère des Transports (MTQ), on soutient que pour l’ensemble du programme d’amélioration de la route 389, un seuil de 20 % de travailleurs en provenance de Pessamit a été fixé, de concert avec les représentants de la communauté. Ce seuil a été déterminé selon le nombre de travailleurs qui disposent d’une carte de compétence émise par la CCQ.

Olivier Picard dit souhaiter la mise sur pied d’une table de concertation avec la CCQ, le MTQ et les entrepreneurs en construction afin de « véritablement » mettre en valeur la main-d’œuvre innue. Pour lui, le ratio de 20 % n’est pas suffisant.

« Je m’affirme et je voudrais que tout le monde fasse la même chose dans ce dossier. Je ne veux pas que les jeunes soient traités comme je l’aie été et je ne veux plus que la 138 serve de passoire encore plusieurs années sans qu’on en profite », conclut Olivier Picard.

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