Le cégep veut prévenir et contrer les violences sexuelles

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Par Charlotte Paquet
Le cégep veut prévenir et contrer les violences sexuelles
Catherine Deschênes Bérubé, technicienne en travail social, et Andrée-Anne Provençal, psychologue, ont dévoilé les grandes lignes de la politique visant à prévenir et contrer la violence à caractère sexuel.

Le cégep de Baie-Comeau vient de lancer sa politique visant à prévenir et à contrer les violences à caractère sexuel. S’appliquant tant aux étudiants qu’au personnel, elle se déploie grâce à la mise en place de stratégies et d’outils qui vont bien au-delà des murs de l’établissement.

Mardi matin, c’était jour de lancement à l’interne devant plusieurs dizaines de personnes. Destinée à prévenir de façon efficace toute situation répréhensible en tentant d’aller au-delà des obligations ministérielles, la politique étend ses ramifications jusqu’aux milieux de stage, aux résidences du cégep, aux voyages étudiants et aux partys.

« Tout le monde, partout, tout le temps », a lancé la psychologue Andrée-Anne Provençal, en faisant référence à la portée de la politique, à laquelle sont d’ailleurs associés des partenaires du milieu, comme le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) et Homme aide Manicouagan.

Selon Mme Provençal, aucune situation particulière reliée à des violences à caractère sexuel n’a été portée à son attention au cours des années, mais certains recadrages ont déjà été nécessaires dans des relations entre étudiants ou encore des situations survenues lors de partys d’employés ou d’étudiants.

Plateforme web

Sur le site Internet du cégep, une nouvelle plateforme est créée pour exposer le contenu de la politique et les moyens à prendre pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel. Entre autres choses, on y retrouve la démarche à suivre si l’on est victime ou témoin de cas de violence à caractère sexuel, des formulaires à remplir pour les rapporter et les coordonnées des ressources d’aide.

Tout comme le guichet unique implanté au cégep, la plateforme web est aussi utile pour effectuer une demande de service, un signalement ou simplement pour parler, souligne Catherine Deschênes Bérubé, technicienne en travail social au cégep.

Au-delà de la promotion, la sensibilisation et la prévention à faire de base, l’équipe du guichet unique est prête à déployer des façons de faire si une situation est rapportée. « On sait que les partys, c’est un peu plus difficile, mais oui, on peut faire de la présence. On a déjà ciblé des moments où on allait aller faire des petits sauts de temps en temps pour aller prendre le pouls et regarder comment ça se passe et comment on peut améliorer la sécurité dans ces endroits-là. »

Le cégep préconise aussi l’approche des témoins actifs puisque son efficacité a été reconnue. « Il y a la victime, il y a l’agresseur, mais ça ne s’arrête pas là. Il y a tout le monde autour aussi », poursuit Mme Deschênes Bérubé en parlant de gestes déplacés ou autres qui pourraient ainsi être évités.

Vidéo de formation

Une vidéo est également diffusée sur le site web à des fins de formation obligatoire. Tous les étudiants et les employés ont le devoir de la visionner avant de répondre à un questionnaire. Un outil permet de compiler la participation de chacun, de manière à n’échapper personne.

« La loi nous demande de former l’ensemble de la population étudiante et les membres du personnel. Donc, il faut trouver des stratégies pour y arriver et comment s’assurer que tout le monde est formé. On peut dire j’ai visionné la capsule, mais qui l’a fait et qui ne l’a pas fait », en expliquant la pertinence que tous aient effectivement reçu la formation.

Une étude réalisée auprès de six universités du Québec a révélé des constats troublants, notamment qu’une femme sur trois (57 % pour les femmes autochtones) et un homme sur six seront confrontés au cours de leur vie à de la violence sexuelle.

 

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