L’élection fédérale vue de Fermont

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Par Steeve Paradis
L’élection fédérale vue de Fermont
Le maire de Fermont, Martin St-Laurent, n’est pas pour l’instant sur la liste de rendez-vous des candidats à l’élection fédérale dans Manicouagan. Photo journal Le Trait d’union du Nord

Comme on le sait, la circonscription de Manicouagan est immense et la couvrir dans son entièreté relève pratiquement de l’exploit. Nous nous sommes donc intéressés à savoir comment cette élection fédérale était perçue à Fermont, située à près de 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau par la route 389.

Dans la ville minière de 2 500 résidents, peu de choses témoignent du fait qu’il y aura une élection dans 12 jours. Seule la candidate bloquiste Marilène Gill a fait installer des pancartes.

« On ne semble pas être sur le radar des candidats », a lancé le maire Martin St-Laurent, qui n’avait pas encore vu un seul candidat lorsque Le Manic l’a contacté mercredi dernier. « Le candidat conservateur (François Corriveau) m’a appelé, je dois le rappeler, mais à part de ça, pas grand-chose. On a toutefois vu Mme Gill deux à trois fois par année durant son mandat. »

Selon M. St-Laurent, si les candidats semblent se désintéresser de son patelin, c’est qu’à son avis, la partie est jouée d’avance. « Ça fait plusieurs années que ça vote ici pour le Bloc québécois, lance-t-il. Même l’ex-mairesse (Lise) Pelletier n’est pas parvenue à se faire élire. »

Mme Pelletier, qui a dirigé les destinées de la localité de 2002 à 2014, avait tenté sa chance en politique provinciale sous les couleurs du Parti libéral du Québec en 2012 dans Duplessis. Elle avait mordu la poussière devant l’actuelle députée, la péquiste Lorraine Richard. À Fermont même, Mme Richard avait eu le dessus 545 voix contre 280 pour Mme Pelletier.

Même chose au fédéral

Les chiffres du scrutin fédéral de 2015 donnent aussi raison aux affirmations du maire St-Laurent. Dans la ville minière, Mme Gill avait récolté 303 voix contre 219 pour le député sortant, le néo-démocrate Jonathan Genest-Jourdain. Les candidats libéral (150 votes) et conservateur (82 votes) avaient terminé loin derrière.

« Comme ça vote souvent dans le même sens, les enjeux semblent moins présents pour les citoyens, mais on aurait bien aimé quand même voir les candidats pour faire valoir nos projets et nos préoccupations », conclut Martin St-Laurent.

Le rédacteur en chef du journal Le Trait d’union du Nord, Éric Cyr, partage la même analyse que le maire. « Le secteur semble déjà acquis au Bloc québécois. On n’a toujours pas vu de candidat et il n’y a que Mme Gill qui a des affiches électorales », a-t-il souligné.

Selon M. Cyr, peu de sujets motivent les électeurs de Fermont à s’intéresser en profondeur à cette élection fédérale, à part peut-être le prolongement de la route 138 qui, avec la 389, permettrait une boucle qui relierait la Basse-Côte-Nord et le Labrador au reste du Québec.

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