Trois ans de prison pour Pierre Dufour

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Par Olivier Roy Martin
Trois ans de prison pour Pierre Dufour
Pierre Dufour est sorti de la salle d’audience menottes aux poignets.

Au palais de justice de Baie-Comeau, Pierre Dufour a été condamné la semaine dernière à trois ans de prison pour leurre et agression sexuelle sur une adolescente de moins de 16 ans. 

Les événements sont survenus en 2015, dans une localité de la Haute-Côte-Nord que le Journal Haute-Côte-Nord a choisi de ne pas dévoiler pour protéger l’identité de la victime.

Pour justifier la peine imposée le 6 novembre, le magistrat a énuméré plusieurs facteurs aggravants. Il a notamment cité un rapport commandé par la cour selon lequel l’individu de 27 ans présente un risque de récidive « élevé ».

À cela s’ajoutent l’absence de remords, la préméditation des gestes, l’abus de confiance, l’âge de la victime et l’absence de consentement de cette dernière.

Le fait que Pierre Dufour ait été âgé de 23 ans lors des événements, qui se sont déroulés entre juin et septembre 2015, s’inscrit dans le « peu » de facteurs atténuant la « gravité importante » des crimes commis, selon le juge.

Dans le jugement, on apprend que Pierre Dufour a d’abord contacté sa victime sur Internet. Après avoir insisté, l’accusé l’a convaincue de lui transmettre quelques photos intimes sur SnapChat, qu’il a conservées par la suite.

L’individu a par la suite menacé la jeune fille de publier ses images en ligne si elle n’acceptait pas de le rencontrer en personne dans un village de la Haute-Côte-Nord.

Craignant de voir les photos diffusées, l’adolescente a cédé à la menace. À leur rencontre derrière un commerce de la localité, l’homme de 23 ans a emmené sa victime dans un lieu isolé à bord de son camion. C’est là qu’il s’est livré à des attouchements sexuels, malgré les protestations de la mineure.

Comme l’adolescente refusait de retirer ses sous-vêtements, Pierre Dufour l’a fait lui-même. S’en est suivi une relation sexuelle non protégée avec l’adolescente de moins de 16 ans, qui a raconté en cour avoir crié, pleuré et tenté de le repousser pour que ça s’arrête.

Quelques jours après cette première rencontre, Dufour est revenu à la charge, menaçant cette fois sa victime de publiciser ses images intimes si elle n’acceptait pas d’avoir de nouveau des rapports sexuels.

Sentant qu’elle n’avait pas le choix d’accepter pour que son agresseur supprime les photos, c’est dans la peur que la jeune Nord-Côtière a de nouveau cédé au chantage.

Lors de leur deuxième rencontre dans un autre endroit isolé, l’adolescente a insisté pour que Pierre Dufour supprime les photos avant que ce dernier ne l’agresse sexuellement. « C’est après coup qu’elle a compris qu’elle a été violée», a indiqué le juge.

Réaction émotive de la victime

Après avoir reçu sa peine au palais de justice de Baie-Comeau, Pierre Dufour a quitté la salle d’audience les menottes aux poignets, devant sa victime.

Cette dernière s’est ensuite rendue dans les bureaux du Directeur des poursuites criminelles et pénales, où elle a eu une forte réaction émotive.

« Elle était émotive par rapport à la peine qu’il a eue, de voir qu’elle a été crue par le jury [au procès de l’an dernier], le fait qu’aujourd’hui il retourne en prison», a expliqué le procureur de la Couronne, Alex Turcotte. Comme Pierre Dufour a déjà passé l’équivalent de 16 mois derrière les barreaux avant son procès en 2018, il lui reste 19 mois à purger.

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