Tordeuse : Québec prolonge d’un an l’entente Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
Tordeuse : Québec prolonge d’un an l’entente Côte-Nord

Québec accepte de prolonger d’un an les mesures mises en place en 2015 pour la récolte de la fibre affectée par la tordeuse du bourgeon de l’épinette (TBE) sur la Côte-Nord, qui devaient initialement se terminer à la fin de l’été 2020, et promet une évaluation pour connaître l’état du territoire.

On se souviendra que l’entente intervenue entre le gouvernement et les industriels du secteur de la forêt, soit Produits forestiers Résolu (PFR) dans la Manicouagan, Boisaco à Sacré-Cœur et Remabec à Port-Cartier, avait permis de dénouer une crise sans précédent qui risquait de faire disparaître l’industrie forestière du paysage nord-côtier.

La nouvelle d’une prolongation d’un an représente un premier pas pour les entreprises et le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, qui continuent cependant de réclamer l’entièreté de son renouvellement, c’est-à-dire pour cinq ans.

« La prémisse de base, c’est que la situation dans la forêt de la Côte-Nord n’est pas différente aujourd’hui de ce qu’elle était lors de la mise en place du protocole pour reconnaître la juste valeur marchande de la fibre debout », explique Karl Blackburn, le porte-parole de PFR.

Il rappelle que l’entente en question, qui tenait particulièrement compte de l’infestation du bois par la TBE, mais aussi de l’éloignement des parterres de coupe, a permis à l’industrie forestière de la Côte-Nord d’opérer, malgré un contexte difficile. « Ç’a donné des résultats », insiste-t-il.

Or, la situation en forêt révèle que le portrait n’a pas changé, selon M. Blackburn. Les ravages causés par la tordeuse continuent. « La tordeuse, quand ça arrive sur un territoire, ça ne vient pas manger les épines et c’est parti. Une épidémie comme celle-là, ça dure sur plusieurs années et on a un nombre d’années restreint pour récolter la fibre », poursuit-il, tout en notant une progression de l’infestation vers le nord.

Avenir et investissements

Depuis presque un an, le maire Montigny mène des discussions avec les fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et de l’Énergie et des Ressources naturelles pour permettre le renouvellement de l’entente jusqu’en 2025.

« C’est majeur comme enjeu si on ne réussit pas à la renouveler pour cinq ans », affirme-t-il, en notant que sans possibilité d’une vision à long terme, les entreprises sont frileuses avec leurs investissements, que ce soit dans l’entretien de leurs équipements ou dans la modernisation. Il souhaite la pérennité de l’industrie forestière dans la Manicouagan.

M. Montigny dit ne pas comprendre que le gouvernement se soit limité à une prolongation d’un an. « Oui, je comprends qu’il y avait une urgence, mais ils étaient capables de prolonger pour cinq ans », assure-t-il.

L’élu explique que le sous-ministre associé aux forêts, Ronald Brizard, lui a clairement indiqué voilà plusieurs mois d’arrêter de se stresser avec ce dossier. « Il m’a dit tant qu’il y aura du bois affecté par la tordeuse, l’entente Côte-Nord va s’appliquer. Une poignée de main entre le gouvernement et le maire de Baie-Comeau, ce n’est pas suffisant. Ça prend un écrit, un renouvellement officiel. »

Évaluation à faire

C’est à la demande du milieu que le gouvernement a accepté de lancer une opération de collecte de données en forêt. « On leur demandait d’avoir l’heure juste. On aura des données probantes. On sait que ça s’en vient dans l’année de prolongation », explique l’élu.

Selon lui, il ne fait aucun doute que l’évaluation va révéler ce que les travailleurs forestiers observent au quotidien, soit un important volume du bois toujours affecté par la TBE qu’il faut récolter. « On récolte moins vite le bois affecté, car la tordeuse vient en manger d’autres à chaque année », conclut-il.

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