Pessamit : la réalité virtuelle pour conserver le patrimoine innu

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Par Steeve Paradis
Pessamit : la réalité virtuelle pour conserver le patrimoine innu
Marie Desanges St-Onge est l’une des aînées de Pessamit qui a participé au projet de la Fondation Tekkie-Mamu. Photo courtoisie

Nouvelles technologies et patrimoine culturel se rencontrent de belle façon dans les objectifs de la Fondation Tekkie-Mamu, un organisme de Montréal qui travaille présentement sur un projet de réalité virtuelle pour le maintien du patrimoine innu de Pessamit.

La cofondatrice de la fondation, Amalia Nanu, explique que l’organisme a contacté cet été le Conseil des Innus de Pessamit afin de préserver pour l’avenir le patrimoine acquis par les aînés, patrimoine souvent transmis par la parole et, de ce fait, non préservé sur un support quelconque.

« On rencontre ainsi des aînés de la communauté, qui font la conversation avec un interprète. Ces gens nous racontent leur expérience, une histoire particulière, par la suite transposées en réalité virtuelle. Tout le contenu reste en innu », a relaté Mme Nanu.

Quant aux images, l’équipe de Tekkie-Mamu va sur le terrain où l’histoire racontée s’est déroulée et tourne avec une caméra à 360 degrés. « Si l’aîné dit que dans son histoire, il est en canot, qu’il fait du portage ou se trouve dans la forêt, on recrée ça. On crée aussi les effets spéciaux », ajoute l’ingénieure pédagogique.

Jusqu’à présent, la fondation a rencontré trois aînés, qui racontent plus qu’une expérience. Elle devrait en tout en interviewer huit, afin d’avoir au total une vingtaine d’histoires d’une vingtaine de minutes.

Le résultat final sera remis à Pessamit qui, selon Mme Nanu, l’intégrera dans sa future maison de la culture. « Une fois complété, ça appartient à la communauté, qui le diffuse comme elle le souhaite. Si elle veut traduire ou non, ça leur appartient là aussi. »

Les jeunes intégrés

Le projet ne fait pas que mettre en lumière les aînés. Il tient aussi à y intégrer les jeunes. En effet, ces derniers recevront une formation afin d’apprendre à utiliser l’ensemble de l’équipement de réalité virtuelle, incluant la caméra à 360 degrés. C’est que Tekkie-Mamu cèdera tout l’équipement à Pessamit, une fois le projet complété.

« C’est important que les jeunes puissent continuer par eux-mêmes le projet, pour contribuer à la sauvegarde de leur patrimoine et de leur langue. On veut que les jeunes continuent à aller rencontrer les aînés, tout en développant des compétences de 21e siècle. C’est comme ça que le patrimoine va se conserver », assure Amalia Nanu, qui tient d’ailleurs à souligner que la communauté n’a absolument rien à défrayer dans le projet, entièrement financé par la fondation et ses partenaires.

D’autres communautés autochtones ont démontré de l’intérêt envers le projet de la Fondation Tekkie-Mamu, cofondé par un natif de Pessamit, Steve Desbiens. Mme Nanu ne dit pas non à d’autres collaborations du genre, « mais on n’est pas pressés de conclure le projet de Pessamit. On veut que ce soit bien fait.

La responsable invite toutefois les autres communautés à se renseigner auprès de la fondation si elles souhaitent aller de l’avant par elles-mêmes. Cette dernière ne sera pas avare de conseils. « Elles seront plus que bienvenues », conclut-elle.

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