Projet de loi 37 : la MRC dénonce une autre centralisation

Par Steeve Paradis 6:00 AM - 07 janvier 2020
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Pour le préfet Marcel Furlong, le projet de loi 37 n’est qu’un autre exercice de centralisation de la part du gouvernement de la CAQ.

Il ne faut pas compter sur la MRC de Manicouagan pour applaudir le projet de loi 37, qui prévoit la création du Centre d’acquisitions gouvernementales et Infrastructures technologiques du Québec. L’organisation déplore cet autre exercice de centralisation souhaitée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Avec ce futur centre, Québec aura ainsi le pouvoir de déterminer les biens et services pour lesquels le recours au centre devient obligatoire. La MRC considère qu’une telle centralisation restreint les responsabilités actuellement dévolues aux dirigeants régionaux des institutions concernées.

« Quand il y a une centralisation des achats, c’est habituellement pour avoir un plus grand contrôle », a fait remarquer le préfet Marcel Furlong. « Nos fournisseurs locaux vont être désavantagés et c’est dangereux pour leur survie », a-t-il ajouté.

Les élus de la MRC sont aussi unanimes à dire que le projet de loi 37 « s’inscrit dans une logique strictement comptable, incompatible avec le développement économique régional ». Le préfet estime d’ailleurs « que ça va être difficile dans ce contexte de transférer 5 000 postes (gouvernementaux) en région, tel que promis en campagne électorale ».

Dans sa résolution demandant au président du Conseil du trésor de maintenir les systèmes d’acquisition actuels, la MRC fait valoir que les achats du gouvernement constituent en soi un segment important de l’économie, car ils représentent une somme de 9 G$ par année, soit autour de 2,15 % du produit intérieur brut de la province.

M. Furlong fait un parallèle entre ce projet de loi et le projet de loi 40, qui prévoit l’abolition des commissions scolaires. « Même si on dit que les écoles vont être plus autonomes, elles devront tout de même respecter des critères déterminés par Québec », a conclu le préfet.

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