Franquelin risque de perdre son dépanneur

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Par Charlotte Paquet
Franquelin risque de perdre son dépanneur
Richard Légaré et Martine Paquet se donnent jusqu'au 31 mars afin de trouver un acquéreur pour leur dépanneur à Franquelin. S'ils ne peuvent le vendre, ils le fermeront. Photos courtoisie

Un gros nuage plane sur Franquelin et ses résidents. Si aucun acheteur sérieux ne se manifeste d’ici le 31 mars, le dépanneur du village fermera ses portes.

« On ne comprend pas qu’on ne puisse pas passer ça à quelqu’un d’autre. C’est un bon commerce », laisse tomber Martine Paquet, qui est copropriétaire depuis 32 ans, avec son conjoint Richard Légaré, de la seule entreprise du genre sur les quelque 90 kilomètres qui séparent Baie-Trinité et Baie-Comeau.

Le dépanneur Légaré et Levesque, du nom de M. Légaré et de son associé des trois premières années, est à vendre depuis septembre 2018. L’heure de la retraite a sonné pour Mme Paquet et M. Légaré. À 59 et 65 ans, ils veulent se reposer et pouvoir aller visiter plus facilement leurs enfants et leurs petits-enfants qui habitent à l’extérieur de la région. Il y a aussi certains ennuis de santé qui incitent le couple à vouloir tourner la page.

Prix révisé

Depuis la mise en vente du commerce par l’agence Via Capitale, le prix demandé a été abaissé deux fois. Fixé d’abord à 380 000 $ en plus de 75 000 $ pour l’inventaire, il a été réduit à 280 000 $ plus l’inventaire et, finalement, à 225 000 $ avec l’inventaire inclus cette fois-ci.

« Quand on a vu que ça ne bougeait pas, on a diminué le prix. Prenez 225 000 $ et enlevez 75 000 $ d’inventaire, c’est pas cher. Nous, ce n’est pas de se mettre riches avec ça », insiste Mme Paquet, qui s’est occupée du dépanneur pendant toutes ces années, son mari ayant travaillé 36 ans comme tuyauteur à la papetière de Baie-Comeau.

Sur la fiche descriptive de Via Capitale, on insiste sur le fait que le dépanneur est sur « un site exceptionnel avec la mer à vos pieds », que son chiffre d’affaires annuel dépasse 1,5 M$ et qu’il s’agit d’une « occasion unique pour personne désirant avoir un commerce rentable sans compétition ».

S’il fallait que l’entreprise ferme, la copropriétaire considère que ce serait une perte énorme pour la municipalité de Franquelin et ses résidents, mais également pour des clients d’ailleurs. Quand un citoyen de Godbout manque de lait, donne-t-elle en exemple, il n’est pas rare qu’il vienne s’approvisionner à Franquelin plutôt que de poursuivre sa route jusqu’à Baie-Comeau. Il y a aussi le service de pompes à essence qui est utile à bien des gens.

Mince lueur d’espoir

Bien qu’aucune offre d’achat n’ait été reçue en un an et demi ou presque, il semble que la décision mûrement réfléchie de mettre la clé sous la porte en date du 31 mars, que Martine Paquet a partagée sur son compte Facebook le 10 décembre, ait fait réagir.

Selon ce qu’elle a su, deux couples auraient récemment manifesté un intérêt pour le commerce auprès de Lise Boily, courtier immobilier chez Via Capitale.
La mise en place d’une coopérative pour reprendre en main le dépanneur a aussi déjà été évoquée, notamment parmi les citoyens de Franquelin, mais encore là, il n’y a pas eu de suite jusqu’à présent.

Une chose est sûre dans l’esprit des propriétaires. Si aucune offre d’achat n’est reçue d’ici le 31 mars, le commerce fermera. Les fournisseurs reviendront chercher leurs marchandises et les équipements, tout comme la bâtisse, seront mis en vente. D’ailleurs, un acheteur éventuel s’est déjà manifesté pour reprendre les équipements.

Article en lien : www.lemanic.ca/2020/01/13/depanneur-a-franquelin-le-maire-grenier-veut-eviter-le-pire/

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