Moins de lits en psychiatrie sur la Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
Moins de lits en psychiatrie sur la Côte-Nord
Jennifer Lavallée, directrice des programmes santé mentale, dépendance, itinérance et services sociaux généraux au CISSS de la Côte-Nord, explique les raisons de la diminution de lits en psychiatrie dans les hôpitaux de Baie-Comeau et Sept-Îles. Photo courtoisie

Depuis novembre 2019, les hôpitaux de Baie-Comeau et de Sept-Îles comptent moins de lits en psychiatrie, à la suite de la mise en place d’un plan de transformation des services en santé mentale qui vise à offrir davantage de services de proximité dans la communauté pour favoriser le rétablissement et le maintien des gens dans leur milieu.

À Baie-Comeau, le nombre de lits est passé de 21 à 15. À Sept-Îles, il a reculé de 21 à 18. À sa séance du 29 janvier, le conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a officiellement entamé les démarches auprès de Québec pour faire modifier son permis d’exploitation en conséquence.

Tout ce processus de transformation découle du plan d’action en santé mentale 2015-2020 du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Avec ses 42 lits de psychiatrie interne, la région se trouvait bien au-delà des 25 lits de courte durée par 100 000 habitants ciblés par les standards ministériels, précise Jennifer Lavallée, directrice des programmes santé mentale, dépendance, itinérance et services sociaux généraux au CISSS.

Avec ses 33 lits actuels, la région demeure tout de même au-delà des normes du ministère, mais le CISSS a obtenu l’autorisation nécessaire.

Choses en place

La transformation en cours vise à « donner davantage de services dans la communauté et aller rejoindre les gens où ils sont pour éviter le recours à l’hospitalisation », indique Mme Lavallée.

Parmi les choses mises en place depuis deux ans, il y a l’ajout de postes dans certains secteurs d’activités et l’aménagement d’un service d’Aire ouverte destiné aux jeunes de 12 à 25 ans qui connaissent certaines problématiques ou préoccupations, que ce soit en matière de consommation, d’identité sexuelle, de conflits familiaux ou autres.

« Dans Manicouagan, ce n’est pas encore commencé, mais à Sept-Îles, tout est en place et on vit vraiment un succès », assure la directrice en parlant notamment d’une meilleure accessibilité et fluidité des services. Dans le secteur de Baie-Comeau, l’ouverture de l’Aire ouverte doit se faire en 2020.

Malgré tout, l’hospitalisation demeure encore la solution dans certains cas, mais le développement d’initiatives dans la communauté devrait faciliter l’accès aux services et faire en sorte que des interventions soient faites le plus possible avant que la situation des personnes ne se détériore.

Taux d’occupation

Fait à noter, la transformation en cours depuis deux ans dans le secteur du soutien en santé mentale se fait sentir tranquillement au chapitre du taux d’occupation des lits en psychiatrie et de la durée de séjour.
À Baie-Comeau, le taux d’occupation des 21 lits s’est élevé à 71 % du 1er avril au 31 octobre 2019. Pendant ce temps, il se fixait à 63 % à Sept-Îles.

Depuis la réduction du nombre de lits, soit pour la période du 1er novembre 2019 au 2 janvier 2020, ce taux est passé à 56 % à Baie-Comeau et à 83 % à Sept-Îles. Par rapport à ces statistiques, Mme Lavallée invite cependant à la prudence en raison de la courte période de temps.

Cette dernière indique aussi que la durée moyenne de séjour en psychiatrie tend à diminuer, tout comme c’est le cas pour le foyer de groupe en santé mentale La traversée à Sept-Îles.

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