Dons d’organes : la Côte-Nord peut faire mieux

Par Steeve Paradis 5:00 PM - 05 mars 2020
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Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, espère que la Côte-Nord pourra faire mieux en 2020 en matière de référence pour dons d’organes. Photo courtoisie

Pour Transplant Québec, l’année 2019 fera l’histoire. Pour la première fois, le nombre de références faites à l’organisme par les hôpitaux a dépassé le nombre de personnes en attente d’une greffe d’organes au Québec. Toutefois, la Côte-Nord ne fait pas aussi belle figure à ce chapitre.

Dans la région, une seule référence a eu lieu en 2019. À titre comparatif, il y en a eu plus de 50 au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Soulignons qu’une référence est un signalement fait par un centre hospitalier qui croit qu’une personne peut devenir potentiellement donneuse.

« Nous ne sommes pas là pour blâmer qui que ce soit, mais il devrait y avoir plus de références qui vient de la Côte-Nord. En 2018, on en avait eu cinq », a souligné le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu. « Mais ce bas taux peut avoir toutes sortes de circonstances, comme un patient transféré à Québec, par exemple. »

M. Beaulieu assure que son organisme « va tâcher d’apporter un peu plus de soutien aux établissements de la Côte-Nord afin d’avoir un meilleur taux de référence. On devrait en avoir de deux à quatre par année. S’il faut aller à Baie-Comeau ou à Sept-Îles (pour faire des prélèvements), on va y aller. (Malgré le bas taux), on est convaincus que tout le monde fait preuve de bonne volonté », a-t-il indiqué.

Le directeur général estime que la récente décision de la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann de faire porter de 10 à 32 le nombre de médecins spécialistes coordonnateurs permettra de faire augmenter le nombre de références en provenance des établissements de santé.
« Ce médecin coordonnateur travaille en étroite collaboration avec Transplant Québec », de préciser le patron de l’organisme.

Plus de 800 références

En 2019, Transplant Québec a reçu 820 références alors que 799 personnes étaient en attente d’organes. De ces 820 références, 29 % ont été traitées et de celles-ci, trois sur quatre ont conduit à un don d’organes.

Louis Beaulieu explique qu’il est tout à fait normal que plusieurs références soient écartées. En effet, il peut arriver que le don d’organes ne puisse se faire en raison d’une maladie préexistante ou de l’état neurologique, entre autres.
Il faut aussi tenir compte du refus des familles, qui s’élève à un taux assez substantiel. Ainsi, 35 % des références n’ont pas eu de suite en 2019 en raison du refus de la famille du potentiel donneur.

« Il y a là une prise de conscience qu’on peut faire mieux. Ce que chaque Nord-Côtier peut faire, c’est d’en parler à ses proches, de dire si on veut ou non donner nos organes », a soutenu le directeur général.

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