COVID-19 : Kevin Grenier soulève une grande vague de générosité

Par Charlotte Paquet 6:00 AM - 01 avril 2020
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En début de semaine, Kevin Grenier a fait l’achat de cartes-cadeaux d’une valeur de 875 $ du magasin Maxi qu’il a distribuées à des gens dans le besoin en raison de la pandémie de COVID-19.

Kevin Grenier se trouve bien chanceux de gagner un très bon salaire dans le secteur minier. Conscient que d’autres en arrachent en cette période de mises à pied massives, il a décidé de donner au suivant et son geste a suscité une grande vague de générosité.

De la soirée de lundi jusqu’à l’après-midi de mercredi, le Baie-Comois de 30 ans, qui travaille dans une mine d’or au Nunavut six mois par année et dans le milieu des bars à son retour à la maison, aura distribué pour 875 $ en cartes-cadeaux du magasin Maxi à des gens dans le besoin sur le territoire compris entre Ragueneau et Baie-Comeau. Cet argent, il l’a amassé en moins de 24 heures.

En effet, les dons ont commencé à affluer dès que le colosse au grand cœur a publié sur Facebook son intention d’offrir un sac d’épicerie d’une valeur de 40 $ à 45 $ une fois par semaine à une personne dans le besoin. « Je privilégie les jeunes familles… alcooliques et mauvais choix de vie s’abstenir », a-t-il précisé en invitant les gens démunis à le contacter en privé.

Dans son message, il a aussi dit espérer que d’autres emboîtent le pas « dans le but de nous entraider entre Nord-Côtiers ». Son invitation a fait boule de neige. Plusieurs personnes qui ont la chance d’avoir un emploi en ces temps difficiles de pandémie de coronavirus se sont manifestées. Les dons ont été légion.

« Tout le monde voulait me donner de l’argent. Les gens me faisaient des virements de 100 piastres, même de 200 piastres », a-t-il souligné, en parlant aussi d’autres dons moindres, mais tout aussi précieux. Il a décidé d’acheter des cartes-cadeaux chez Maxi quand il a appris qu’elles étaient valides pour de la nourriture seulement, pas pour de l’alcool ou des cigarettes.

Mardi midi, sur sa page Facebook personnelle, Kevin Grenier a mentionné qu’il n’acceptait plus de dons pour cette semaine. « Je veux gérer ça de la meilleure manière possible et donner un suivi aux donateurs », a précisé le papa qui veut aussi continuer de s’occuper de ses deux jeunes enfants. Par contre, à compter de lundi prochain, il reprendra sa collecte d’argent.

Un déclic avec le frigo

En étant confiné chez lui avec ses mousses et sa conjointe, l’homme indique avoir réalisé qu’il passait son « temps dans le frigidaire ». C’est alors qu’il a pensé à ceux et celles qui, en raison de leur peu de moyens financiers, devaient trouver la vie difficile. C’est à ce moment-là qu’il a planifié remettre un sac d’épicerie par semaine à quelqu’un moins chanceux que lui. « Pour les quatre cinq prochains mois, je ne suis pas trop dans la misère. Je ne suis pas à plaindre au niveau financier », a-t-il expliqué.

Jamais il n’aurait pensé que l’idée rejoindrait tant de donateurs. Cette idée, il dit l’avoir « volée » à Mathiew Desbiens, un homme de Baie-Comeau qui travaille actuellement dans la même mine d’or que lui au Nunavut. « Il m’a envoyé 200 piastres et il m’a dit : « Tiens, donne ça à du monde qui est dans le besoin. Mathiew n’a pas de femme et pas d’enfant. Il peut se le permettre plus que moi. »

Afin de faire les choses le mieux possible, l’identité de chaque personne qui recevra ou a reçu une carte-cadeau sera fournie au donateur, sauf dans le cas d’un don anonyme de 100 $. « À tous ceux qui me donnent de l’argent, j’envoie la liste complète de ceux qui m’ont donné de l’argent. Moi, j’aimerais que quelqu’un de confiance fasse ça dans toutes les villes », a-t-il indiqué, en soulignant que « ça prend quelqu’un d’aisé monétairement ».

Parmi les gens qui ont bénéficié de cartes-cadeaux, il y a évidemment des familles, dont une avec quatre enfants. Le père, seul soutien financier, a été mis à pied il y a deux semaines et est toujours en attente d’un premier chèque d’assurance-emploi. Kevin Grenier a donné à la famille une carte-cadeau de 200 $.

Des demandes, il en a eu de toutes sortes. Il en a d’ailleurs refusé deux. « Ça fait 12 ans que je travaille dans le milieu des bars et je savais que s’ils mettaient leur argent à la bonne place, ils en auraient de l’argent. »

Comptoir alimentaire l’Escale

Rappelons qu’en 2016, Kevin Grenier avait initié une récolte de denrées à l’année pour le Comptoir alimentaire L’Escale à Baie-Comeau en partenariat avec Maxi.

Le panier d’épicerie qu’on trouve habituellement à l’entrée du magasin et dans lequel les clients sont invités à déposer des articles, c’est à lui qu’on le doit.

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